«Le mauvais côté des choses»: lancement à Québec le 4 février

28 janvier 2015

Après Montréal le 2, le quatrième Surprenant sera lancé à la librairie Pantoute, rue Saint-Jean à Québec, le mercredi 4 février de 17 à 19 heures. L’événement est ouvert à tous. Si possible, m’aviser de votre présence à jeanlemieux2000@gmail.com

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«Le mauvais côté des choses»: lancement montréalais le 2 février

21 janvier 2015

Le Mauvais Côté des choses, publié chez Québec Amérique, sera lancé le 2 février prochain au Pub L’Île Noire, 1649 Saint-Denis, à Montréal, à partir de 17 heures.

Dans cette quatrième enquête, le sergent André Surprenant retrouve le pays de son enfance, Iberville, où il est né, mais surtout Montréal où son oncle Roger l’a hébergé à partir de ses quinze ans.

Récemment transféré, dans des circonstances nébuleuses, à l’escouade des crimes majeurs du SPVM, Surprenant est confronté à un tueur qui ampute ses victimes et laisse derrière lui des branches d’amélanchier. Il doit en même temps repartir sur les traces de son père aux États-Unis et faire face aux rumeurs concernant le passé de sa propre famille.

Véritable clef de voûte de la série, Le Mauvais Côté des choses est à la fois une intrigue campée dans le crime organisé montréalais et la mise à jour de la famille recomposée Surprenant-Savoie-Chiodini. Y reparaissent, en octobre 2008, les enfants de Surprenant, Félix et Maude, cette fois munis de conjoints, Nicole Goyette, la mère veuve en série, Geneviève et ses deux fils, l’oncle Marcel dit le Hibou de la Rivière à Barbotte, Jacques, le frère livreur de poulet, Guiseppe et Giannina, leur fille Maria, remariée à un prêteur sur gages polonais, le fantomatique oncle Roger, architecte lié à la famille Scifo, ainsi que biens d’autres.

Le lancement est ouvert à tous. Si possible, annoncer votre présence en m’écrivant à jeanlemieux2000@gmail.com .

Il s’agira d’une première occasion de mettre la main sur le livre, qui ne sera en librairie que le mercredi 4 février.

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«Le Mauvais Côté des choses» paraîtra en février

9 décembre 2014

En exclusivité, la quatrième de couverture de la prochaine enquête de Surprenant, Le Mauvais Côté des choses, qui paraîtra en février aux éditions Québec Amérique.

 

Un soir d’automne, un restaurateur de la Petite-Italie est abattu alors qu’il quitte sa pizzeria. Détail troublant : son cadavre a été amputé de la main droite. S’agit-il de l’oeuvre d’un psychopathe ou d’un règlement de comptes lié à la mafia sicilienne ?

André Surprenant, nouvellement arrivé au sein de l’escouade des crimes majeurs du SPVM, tentera de démêler l’écheveau de cette enquête, dont les ramifications semblent s’étendre à sa propre histoire familiale. Qui était vraiment son oncle Roger, grâce auquel il a obtenu un poste à Montréal ? Pourquoi son père, dont la présence est de nouveau signalée à Los Angeles, a-t-il disparu en octobre 1970 ?

Tandis que Surprenant essaie de faire la lumière sur son passé mais aussi sur l’identité de celui que la presse a baptisé « l’amputeur des ruelles », les victimes s’accumulent. Et, chaque fois, non loin des cadavres, on trouve une mystérieuse branche d’amélanchier.

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Créateurs à vendre!

29 octobre 2014

Hier, j’ai fait parvenir à un syndic les copies de douze contrats qui me lient aux éditions de la courte échelle, en faillite depuis trois semaines. De La lune rouge jusqu’à L’homme du jeudi, en passant par les six « premiers romans » de la série FX Bellavance, onze histoires originales plus une réédition des trois premiers FX.

Ces feuilles de papier 8,5 par 14 représentaient autant d’aventures artistiques, de l’idée au projet au premier jet aux corrections à la production à la diffusion. Dans ces histoires, des personnages ont modestement pris vie dans l’imaginaire de milliers de lecteurs, de Jacques Robitaille, le jeune historien égaré en Thaïlande de La marche du fou, au sergent André Surprenant à Arnaud Savapa-Dubonnet, le chasseur de pistou du dernier FX. Salons du livre, entrevues, colloques, rencontres scolaires, ces histoires m’ont permis de voyager et de rencontrer des milliers de personnes. Les livres eux-mêmes circulent, par les bibliothèques, par la revente, par les prêts entre amis. D’autres – combien? – attendent dans un entrepôt, quelque part, qu’on s’intéresse à eux.

On m’a appris que ces onze histoires sont à vendre, au même titre que les textes et les dessins de centaines d’autres créateurs, et que je n’ai pas grand-chose à dire. La clause qui devait me protéger en cas de faillite est, semble-t-il, invalidée par une loi fédérale. Je fais partie d’un catalogue, lequel catalogue est à vendre, en tout ou en parties, avec l’ensemble des actifs de l’entreprise. Seule consolation, mes personnages m’appartiennent. D’autres – je pense à ma collègue Annie Groovy – sont moins chanceux : leurs créatures, qui sont aussi leurs marques de commerce, sont enfermées dans le catalogue.

L’édition, même subventionnée, comporte un risque financier. Les maisons d’édition assument ce risque, atténué s’ils constituent ce qu’on appelle des « personnes morales » qui peuvent se réfugier sous la loi de la faillite. L’auteur et l’illustrateur, pour leur part, donnent leur temps, leur âme, pour des retours de plus en plus dérisoires et, nous venons de l’apprendre, aléatoires. Dans une usine à fiction, l’artiste, qui fournit le substrat essentiel à la chaine de montage, est moins bien payé que tout autre employé.

Créateurs à vendre! Allons-nous être fourgués en bloc à un acheteur qui gardera l’un, rejettera l’autre, selon ses besoins et son bon vouloir? Allons-nous, les créanciers privilégiés remboursés, repartir avec nos livres sous le bras pour faire du porte à porte?

L’art n’échappe pas à la vie. Entre l’Ebola, le terrorisme religieux et la disparition des abeilles, la faillite de la courte échelle est un bien petit cataclysme, qui fournira peut-être, comme un feu de forêt, une occasion de reboiser. En attendant, sur leurs étagères, entre la livre de beurre et le sac de pois surgelés, les auteurs et les illustrateurs peuvent partager les souvenirs d’une belle aventure et rêver de l’acheteur charmant.


Bologne: une ville où je reviendrai

19 octobre 2014

J’ai écrit que Barcelone était une adolescente rebelle et bigarrée, Lisbonne, une belle dame plus très jeune, aux yeux mélancoliques et fardés. À ce compte, Bologne serait une belle fille dans la trentaine, savante et rieuse, dont on voudrait devenir le coloc… ou plus.

L’image de Bologne repose sur un trépied: la Dotta, la Rossa i la Grassa, la docte, la rouge et la grasse. La ville héberge, dans son quartier historique, la plus vieille université d’Europe, a un passé gauchiste et est renommée, à juste titre, pour la qualité de sa cuisine. Située en Émilie-Romagne, à mi-chemin entre Venise et Florence, la ville est pourtant entrée dans ma vie dans des habits peu flatteurs, le prosaïque baloney, adaptation américaine du fameux saucisson de Bologne. Pour vider la question, le baloney est à la mortadella ce que la Lada est à la Ferrari. Il a fallu Umberto Eco et quelques séjours italiens pour que je délaisse les charmes flamboyants de Venise, Rome et Florence et m’intéresse à cette ville sagement recluse dans la plaine du Pô, au pied des Apennins.

De taille moyenne, 350,000 habitants, Bologne est surtout remarquable par les innombrables arcades de son centre historique. Les maisons y sont revêtues d’une brique brune caractéristique, moins rouge que celle de Sienne, qui n’en a pas moins contribué à son surnom de Rossa. Le cœur de la ville est la Piazza maggiore, avec sa statue de Neptune et ses commerces réfugiés sous les arcades. À l’est de la place, dans des rues étroites, sortes de halles, des étals de fruits, de légumes, de jambons, d’énormes meules de fromage, de poisson, des bars branchés, une magnifique librairie ouverte jusqu’à minuit… Partout, beaucoup de jeunes, une sorte de tolérance bon enfant. Bologne, centre universitaire, administratif et industriel, n’est pas une ville pauvre, et n’est pas non plus assaillie, comme sa voisine Florence, par des hordes de touristes.

Si la cathédrale San Petronio ne soutient pas la comparaison avec ses cousines florentines et siennoises, il y a pourtant des choses à voir, plus discrètes, le groupe d’églises sur la magnifique piazza Santo Stefano, les deux tours croches qui sont la signatures de la ville. Mais il y a surtout une douceur de vivre qui m’a donné envie d’y retourner.


Le Surprenant IV cet hiver

4 octobre 2014

Dans cet aéroport en attente d’un départ vers Venise et Bologne, cette annonce succincte: le Surprenant IV, la quatrième enquête d’André Surprenant, prendra la mer en 2015, fort probablement avant la fonte des glaces.

Les détails de la mise à l’eau sont à venir.


La planète du businessman

21 septembre 2014

«La quatrième planète était celle du businessman. Cet homme était si occupé qu’il ne leva même pas la tête à l’arrivée du petit prince.»

Qu’aurait pensé Saint-Exupéry de la fermeture de cinq conservatoires de musique régionaux que mijote le gouvernement Couillard? Ou de la candide certitude de notre ministre de l’éducation, Yves Bolduc: «Les bibliothèques scolaires ne manquent pas de livres»?

Dans sa recherche forcenée du déficit zéro, ce gouvernement offre un spectacle navrant tant il privilégie le béton plutôt que la culture. On injecte des centaines de millions dans des entreprises fort douteuses, par exemple la cimenterie de Port-Daniel, pendant qu’on en grappille quelques-uns en fermant cinq conservatoires de musique. Chacune de ces institutions constitue, dans sa région, un pôle de création, même un moteur économique.

«Trois et deux font cinq. Cinq et sept douze.» Le businessman calcule-t-il les coûts sociaux, les talents perdus, les pertes associées à cette «déforestation» culturelle? Rien n’est moins sûr.

Personne ne doute qu’il soit important de lutter contre le déficit. Tout est dans la manière. La façon précipitée et passablement secrète dont le gouvernement Couillard affûte sa machette fait redouter une boucherie qui touchera particulièrement les artistes et les démunis. Qu’on tente d’étaler les hausses de salaire des médecins, cela se conçoit très bien. Qu’on ferme des pôles de culture régionaux au lieu de s’attaquer à l’évasion fiscale, au coulage de capitaux publics dans la construction, aux profits faramineux des compagnies, cela m’amène à me demander si le parti libéral a vraiment tiré des leçons de l’ère Charest.

Dans Le Petit Prince, le businessman croyait posséder les étoiles en les comptant. Certaines choses ne se comptent pas.

Heureusement.


«Le trésor de Brion» réimprimé pour ses 20 ans

1 juin 2014

Il y a vingt ans exactement, en juin 1994, dans une cabane sur la Grave à Havre-Aubert, je terminais l’écriture du Trésor de Brion.

Ce roman d’aventure, dont la longueur étonnait quelque peu à cette époque pré-Potter, allait connaître une longue carrière. Prix Brive-Montréal et Christie en 1995, il est entré en cale sèche chez Québec Amérique pour y subir quelques réparations mineures. Cette ixième  réimpression ne touchera à peu près pas le texte. Deux paragraphes, qui me dérangeaient depuis quelques années, ont été jetés par dessus bord parce qu’ils ralentissaient l’allure. De même, la figure de proue, la citation en exergue, a été changée pour un extrait de Moonfleet de John Meade Falkner. La page «Du même auteur» remise à jour, Le Trésor de Brion sera bientôt prêt à reprendre la mer.


La Saint-Patrick à Tulum

18 mars 2014

In a neat little town they call Belfast

Apprentice to trade I was bound

À Tulum Pueblo, une petite ville du Yucatan près des ruines maya, un véhicule à deux étages, qu’il est difficile de qualifier d’autobus tant il est ouvert à tout vent, circule le soir le long de l’avenue principale, étonnamment appelée Tulum avenue. Le char, saturé de lumières multicolores comme un casino de Las Vegas, diffuse une disco énergique et les clameurs enthousiastes d’un chargement de fêtards polyglottes immortalisant le moment sur leur merveille intelligente. Si ce n’est quelques détours par des rues sombres, semées de nids-de-poule, la fête ambulante chemine inlassablement, aller-retour, le long de Tulum avenue, comme un piston bruyant dans un cylindre en mal de lubrifiant.

Tulum avenue: un strip pseudo-californien, une litanie de restaurants, de boutiques, de pharmacies, de comptoirs de photocopie, de bars dépouillés ou branchés. On y vend, jusque tard le soir, des chapeaux de paille, des accessoires de plongée, des liqueurs non-identifiées, des Snickers, des cassettes piratées, des gelati, de la bonne aventure,  des éviers, des fruits, des perceuses et des crèmes contre le vieillissement. On y loue des bicyclettes, des autos, des chambres, peut-être des corps, sous le regard vigilant de policiers plus ou moins armés selon leur proximité avec les bâtiments gouvernementaux ou les guichets ATM. On y ramasse, femmes, vieillards, infirmes, enfants, dans des triporteurs costauds, les canettes, bouteilles de plastique, pièces de métal qu’on pourra troquer contre quelques pesos.

Dans les restos, les boîtes in, pour les autochtones à l’aise ou les touristes accourus de la planète, on peut entendre, entremêlés aux canciones de mariachis aux compétences diverses, une world music aussi sirupeuse qu’éclectique, She loves you à la Jobim à côté de fusions La Bamba-Like a rolling stone, sans compter Les feuilles mortes à la trompette.

L’univers de Tulum avenue, comme celui des resorts qui jalonnent la côte, n’est pas aussi étranger à Tulum Pueblo que pourraient l’être Minsk, Djakarta ou Yellowknife. Il est juste à côté, parallèle, séparé de la vie quotidienne des Tulumais ordinaires par le mur du dinero.

But misfortune came over me

Which caused me to stray from the land

Dinero. L’argent est partout, par son manque ou son abondance. Dans les rues adjacentes au strip, Tulum a le sourire édenté. Rues rapiécées, maisons de béton inachevées, recouvertes de toiles et de feuilles d’acier ondulé, cours jonchées de détritus, chiens faméliques, bouis-bouis à ciel ouvert diffusant de la salsa électronique… Tulum, le Mexique peut-être, est une Macondo bigarrée, post-moderne, polluée, qui évoque à la fois le commencement et la fin du monde industriel.

Pourtant, les Mexicains sont souriants et chaleureux. Il y a une sorte de nonchalance, de bonheur. Les enfants sont rois, non parce qu’ils ont tout ce qu’ils veulent mais parce qu’ils sont aimés.

Her eyes they shone like diamonds

I thought her the queen of the land

Dans le bar où j’ai de toutes récentes habitudes, un Américain et un Mexicain, musiciens attitrés, entonnent, Saint-Patrick oblige, un refrain tout aussi obligé. Tout ce qu’il y a de vert ici, ce sont les palmiers et les mojitos. Tulum, ancienne cité maya, attire toujours sa part d’adorateurs du soleil et de littérateurs en mini-sabbatique.

Les ruines, c’est peut-être tout ce qui restera.


Le patineur de Bratislava

17 février 2014

Bratislava est une étrange ville, à cheval entre plusieurs époques.

Les Slovaques, qui n’ont acquis leur indépendance qu’en 1993, suite au divorce de velours suivant la révolution du même nom à Prague en automne 1989, reviennent de loin.

Des siècles de sujétion aux Hongrois, puis aux Austro-Hongrois, un bref épisode républicain au sein de la Tchécoslovaquie entre 1918 et 1939, une pseudo-indépendance trouble sous la botte nazie de 1939 à 1945, puis retour dans le partenariat tchécoslovaque, domination soviétique jusqu’en 1989…

Les Slovaques sont aujourd’hui contents d’être chez eux, mais ils semblent avoir tout à faire en même temps. Le Château qui domine la ville, longtemps laissé à l’abandon, a été restauré, mais il n’y a presque rien dedans. Dans la galerie nationale, beaucoup de toiles sont anonymes. La mémoire semble avoir été délavée par les invasions. Il reste une charmante petite ville médiévale, aux rues sinueuses, parfois déparée par des édifices massifs, décrépits, qui évoquent le Bloc de l’Est.

Le Danube longe la ville, véritable autoroute liquide entre Budapest et Vienne. Sur l’autre rive, des dizaines et des dizaines de HLM pastel, des usines. Le cœur de la ville tourne le dos au fleuve, se love autour des deux places principales, sous la silhouette protectrice du Château. La vie culturelle y est florissante, un opéra, une maison de  la musique, des bars, des cafés, des hôtels, des restaurants où l’on trouve de tout. Cette beauté est en devenir, greffée sur les vestiges de l’ordre ancien.

L’image qui me reste pourtant, c’est ce patineur solitaire, à minuit moins quart, sur la patinoire aménagée sur la Hviezdoslavovo namesti, cent mètres devant l’opéra. Plus de cinquante ans, s’appuyant sur un bâton de hockey, sans but, sans rondelle, patinant lentement sous les réverbères, qui attendait-il?

Il voulait jouer, même s’il arrivait sur le tard.