Journal d’Argentine 5 – Politique tango

26 octobre 2019

Tango Cordoba

Ce soir, il y avait une danse publique, place San Martin à Cordoba. Vingt-sept degrés, ciel étoilé, des hommes et des femmes de tous âges pratiquaient surtout le tango, cette danse unique issue d’un croisement Afrique-Europe dans le Rio de la Plata au dix-neuvième siècle. Il y entre une part d’improvisation: les pas ne sont pas fixés à l’avance de façon séquentielle. Il s’agit, pour les partenaires, de se deviner et de s’entendre.

Demain, il y a élection générale en Argentine et il semble fort probable que le duo des deux Fernandez, Alberto et Cristina Kirchner, évincera Mauricio Macri et son colistier. Après un intermède de quatre ans, il s’agira d’un retour au pouvoir des péronistes. Élu en 2015 avec la promesse de sortir le pays du bourbier financier, Macri, de centre droit et plutôt favorable aux demandes du système financier international pour s’attaquer à l’immense dette publique de l’Argentine et à l’inflation, ne semble pas avoir convaincu les Argentins de lui donner un deuxième mandat.

L’inflation est à 54% pour l’année 2019. 33% des Argentins vivent actuellement sous le seuil de pauvreté.

En 1913, le PIB de l’Argentine la plaçait au 12e rang mondial, devant la France. Il y a dix-sept ans, le peso était couplé au dollar américain. Aujourd’hui, il faut plus de soixante pesos pour acheter un dollar US. Les gens tentent tant que bien que mal de convertir leur épargne en dollars, ce qui aggrave la crise. Selon la rumeur, les banques seront fermées lundi et mardi après le vote.

La dette est actuellement de 100 milliards d’euros, soit 89% du PIB. L’an dernier, L’Argentine a obtenu du FMI un prêt de 57 milliards d’euros. Le pays a annoncé il y a deux mois qu’il ne pouvait rencontrer les paiements de ce prêt. En gros, Mauricio Macri a échoué dans son plan de redresser les comptes publics et de contenir l’inflation.

L’alternative, le retour des péronistes dont Cristina Rodriguez de Kirchner, elle-même sous le coup de poursuites pénales pour corruption, n’est pas une perspective attrayante. L’histoire de l’Argentine, depuis l’indépendance de 1810, n’est pas un long fleuve tranquille. Guerres, coups d’états, révolutions, massacres, grèves, dictatures militaires, dont l’horrible épisode du Proceso de Reorganization National de 1976-1983, avec ses dizaines de milliers de morts, se sont succédés tout en donnant tout de même naissance à un grand pays muni de richesses naturelles et d’un haut niveau d’éducation.

Pour plusieurs, l’origine des maux actuels remonte au général Juan Peron qui gouverna deux fois le pays entre 1946 et 1974. Populiste de gauche, il améliora d’une certaine façon le sort des ouvriers, sur le plan de l’éducation et de la santé, en maintenant par ailleurs un pouvoir opaque, corrompu, basé sur sa personnalité ainsi que celle de sa femme Eva (Evita) Duarte Peron. Le tout devait déboucher à terme sur la dictature de 1976-1983. Nationalisations, recours à la planche à billets, détournements de fonds publics, il est remarquable de constater que ce régime ait réussi à se perpétuer sous la forme d’un populisme de gauche qui est toujours vivant 70 ans plus tard.

Une des raisons de l’échec de Mauricio Macri est qu’il a hérité d’une situation financière impossible, résultant des deux mandats de… Cristina Kirchner, la même qui se présente comme vice-présidente et qui est accusée d’avoir maquillé les comptes publics pendant son règne. Les marchés financiers, déjà aux abois, appréhendent fortement son retour.

D’où la politique tango. Le danseur et la danseuse improvisent en partie les pas de cette danse à la fois sensuelle et sérieuse. Qui va où et comment? Il y a peu de monde dans les rues ce soir. Les cafés, les restaurants sont plutôt tranquilles. Les Argentins n’ont pas un rond, attendent le déroulement de l’élection et les contrecoups bancaires.

Malheureusement, l’Argentine semble se diriger vers une crise sociale pire que celle qui secoue le Chili actuellement.

 


Journal d’Argentine 4 – Mendoza ville neuve

20 octobre 2019

Fondée en 1561 par un Espagnol nommé Pedro del Castillo, la ville de Mendoza tint lieu de chef-lieu agricole et de relais entre Buenos Aires et Santiago jusqu’au terrible tremblement de terre du 20 mars 1861, de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter, qui entraîna la mort de 4000 personnes et détruisit l’essentiel de la ville coloniale.

Au lieu de construire en lieu et place, on rebâtit la ville à un kilomètre au sud-est, selon les plans d’un urbaniste français, Jules Ballofet. Ce dernier choisit un plan géométrique, de larges avenues se coupant à angles droits, des quadrilatères égaux regroupés autour d’un grand parc central, la Plaza Indepencia, elle-même au centre de quatre parcs satellites et équidistants. Les rues furent tracées, plantées d’arbres, et la ville reconstruite selon une ordonnance toute européenne.

Mendoza est donc une ville neuve, dégagée, qui manque de passé, mais qui demeure agréable avec ses larges rues ombragées par de grands platanes. Dans la basilique San Francisco, on vénère la Vierge de Cuyo, miraculeuse ne serait-ce parce qu’elle résiste aux tremblements de terre. La région produit plus de 80% du vin argentin. La ville est aussi connue pour ses acequias, d’omniprésents canaux d’irrigation qui distribuent l’eau descendant des Andes toutes proches.

La ville se distingue surtout par sa célébration des vendanges et par sa situation de base pour les excursions vers les Andes et l’Aconcagua.

Enfin, c’est à Mendoza qu’est né Quino, le créateur de Mafalda.


Journal d’Argentine 3 – Les trois enfants du volcan et Green Boots

13 octobre 2019

Le volcan Llullaillaco («eau menteuse» en quechua), dans la Cordillère des Andes, est situé à l’extrémité ouest de la province de Salta, constituant ainsi une des balises de la frontière avec le Chili. À 6723 mètres au dessus du niveau de la mer, la montagne, couverte de neige la majeure partie de l’année, est le 7e plus haut sommet des Amériques, la palme revenant à l’Aconcagua (6962 mètres).

La dernière éruption du volcan date de 1877.

Le Llullaillaco est aussi le site archéologique le plus élevé au monde. En 1999, une expédition internationale y a patiemment mis à jour les momies de deux enfants et d’une adolescente incas, enterrés aux environs de l’an 1500, soit avant la conquête de Francisco Pizarro. Ces trois momies, remarquablement conservées par le froid et l’altitude, sont exposées au MAAM (Museo de Archeologia de Alta Montana), sur la place centrale de Salta, dite du 9 juillet.

Le sacrifice humain ou la cérémonie religieuse, selon le point de vue, faisait partie du rite du capacocha. Pour marquer la mort d’un dirigeant ou s’attirer la grâce des dieux pour des questions vitales, guerres ou famines, le Grand Inca convoquait, de tous les coins d’un empire qui s’étendait de la Colombie à l’Argentine (possiblement le plus grand empire du début du seizième siècle), des filles ou des garçons de familles nobles, choisis pour leur perfection physique. Ces enfants faisaient le long voyage jusqu’à Cuzco, au Pérou, capitale inca. Ensemble, ils s’adonnaient publiquement à divers rites de purification. À la fin, les enfants faisaient deux fois le tour de la place centrale de Cuzco, puis retournaient chacun d’où ils étaient venus, dans des cités distantes où ils étaient vénérés.

Arrivait un moment où le Grand Inca choisissait de les faire enterrer sur différentes montagnes sacrées, dont le Llullaillaco. Accompagnés d’adultes, au son de musique, sous l’effet de différentes drogues, les enfants gravissaient ces sommets difficiles, étaient parés de leurs plus beaux vêtements, entourés d’objets précieux, endormis par la chicha, un alcool de maïs, puis insérés vivants dans des niches de pierre. Selon la tradition transmise, ils ne souffraient pas et s’endormaient pour l’éternité sous l’effet du froid, de l’alcool et du manque d’oxygène. Il est permis d’en douter. Les croyances incas étaient que ces enfants vivaient éternellement dans la montagne, cette dernière étant assimilée à une divinité veillant sur leur peuple, leur dispensant, par le ruissellement des neiges, l’eau nécessaire à leur survie dans ces espaces semi-désertiques.

Une quatrième momie, retrouvée près de Mendoza, est une adolescente au nez absent dont le visage est figé dans un cri d’épouvante.

La civilisation des Incas s’est effondrée brusquement, après 1530, suite à l’arrivée de l’espagnol Pizarro. Le conquistador ne faisait pas dans la dentelle. Après avoir promis au Grand Inca Atahualpa de lui laisser la vie sauve s’il lui donnait son trésor (six tonnes d’or), il le fit froidement exécuter. Par la suite, une politique d’asservissement et de nettoyage ethnique, combinée aux épidémies apportées par les Européens, provoqua la mort d’environ 10 millions d’Indiens en Amérique du Sud.

Dans leurs cubes de verre où règne une atmosphère soigneusement contrôlée, toujours parés de leurs vêtements colorés, los ninos del Llullaillaco n’en sont que plus pitoyables: leur mort a été vaine, leurs dieux n’ont pas empêché l’effondrement de leur empire. Le LLullaillaco était vraiment une «eau menteuse».

J’ai pensé à ce réflexe atavique des humains: atteindre le sommet d’une montagne pour se rapprocher des dieux. Forts de nos conceptions rationnelles, nous sommes portés à condamner les rites «barbares» des Incas. J’ai retrouvé le soleil de la place du 9 juillet en pensant à ces alpinistes morts gelés ou asphyxiés dans l’Himalaya, en particulier au célèbre Green boots, sur l’Everest, dont les photos ont fait le tour du monde.

Chaque civilisation possède ses rites.


Journal d’Argentine 2 – «Los desaparecidos», le pays disparu

5 octobre 2019

Chaque jeudi, sur la Plaza de Mayo à Buenos Aires, autour de l’obélisque érigé pour célébrer l’accession de l’Argentine à l’indépendance en mai 1810, des femmes coiffées de blanc marchent. Elles tournent en rond, obstinément, autour du monument, à l’envers des aiguilles d’une montre, pour remonter le temps.

Au bout de la place, faisant dos à la mer, se trouve la Casa Rosada, siège du gouvernement et du pouvoir.

40 ans après les faits, ces femmes gardent intact le souvenir des desaparecidos.

Les disparus, les manquants. Leur nombre varie entre 9 000 et 30 000 selon les sources. Ce sont les hommes et les femmes, en majorité des jeunes de moins de 35 ans, qui ont disparu pendant la dictature militaire de 1976-1983. Sous prétexte d’une lutte contre les subversivos, de supposés éléments terroristes, les généraux ont éliminé des milliers de jeunes étudiants ou ouvriers qu’ils estimaient nuisibles ou dangereux pour leur cause. Pour ce faire, ils ont utilisé une technique déjà éprouvée au Chili et sous d’autres régimes totalitaires: la disparition.

La nuit, des escouades de cinq ou six hommes armés, kidnappaient leur cible avec la bénédiction de la police. Le captif était emmené dans des lieux de détention clandestins – il y en aurait eu plus de 600 – où il était interrogé, torturé, avant d’être physiquement éliminé, exécuté d’une balle, enterré dans une fosse commune ou encore drogué et largué d’un avion au milieu de l’océan, à la suite d’un des innombrables vols de la mort.

Les proches étaient laissés dans l’incertitude. En l’absence de réponses ou de dépouilles, ils ne pouvaient faire leur deuil et demeuraient cruellement partagés entre l’espoir et la terreur. Le disparu allait-il miraculeusement revenir? Lequel d’entre eux serait le prochain disparu?

Pour les auteurs de ces crimes, l’absence de corps représentait une garantie d’immunité. Il n’y avait pas eu enlèvement, torture et meurtre. La personne était simplement disparue.

La dictature militaire profitait aussi des jeunes femmes. Qu’elles soient enceintes au départ ou qu’elles le deviennent à la suite de viols, les femmes qui attendaient un enfant étaient séquestrées jusqu’à leur accouchement. On les séparait de leur bébé, qui était donné à une famille de militaires, puis on les tuait ou encore on leur faisait la grâce de les abandonner, nues, inconscientes, dans une ruelle quelconque.

Parmi les femmes qui tournent sur la Plaza de Mayo, il y a aussi las Abuelas, les grands-mères de ces enfants volés.

L’histoire de l’Argentine, déjà tumultueuse dès la conquête espagnole, est devenue un cauchemar depuis l’accession au pouvoir du militaire Juan Dominguo Peron (1895-1974), dans les années 40, qui a marqué l’institution d’un populisme corrosif et résistant, le péronisme. Sous prétexte de redonner aux pauvres, les ressources du pays sont détournées, spoliées à grande échelle au profit d’une caste de dirigeants cyniques et inefficaces. Alors qu’elle représentait pendant au milieu du vingtième siècle une puissance économique, une grande société éduquée, l’Argentine est aujourd’hui une démocratie de pacotille, une économie ravagée par l’inflation comptant 25% de pauvres, un marché laissé en pâture aux multinationales.

Le pays ne s’est jamais remis de la dernière d’une série de crises, celle de 2001. Hantés par la grandeur envolée, par le souvenir des atrocités, des Argentins de tous horizons ne manquent pas, chaque jour, de me rappeler que leur pays a déjà été un grand pays.

Ils haussent les épaules, se grattent la tête, font de l’ironie, philosophent au sujet de l’actuelle campagne électorale, où sévit encore la Cristina (Fernandez de Kirchner), veuve et ex-présidente péroniste, qui s’accroche à son poste de sénatrice pour échapper à de multiples procès pour corruption.

Il est où, leur grand pays?

Il a disparu.

Au moment où vous lisez ces lignes, des femmes, des hommes disparaissent toujours, en différents points de la planète.


Journal d’Argentine 1 – Contretemps dans le désert

26 septembre 2019

Aéroport de Newark, NJ – Jeudi 26 septembre 2019 – 02h40

L’aéroport, l’équivalent moderne de l’auberge d’étape, est le lieu de passage par excellence. On y est et on n’y est pas vraiment, l’environnement anonyme faisant office de sas entre deux réalités éloignées. On y retrouve essentiellement les mêmes composantes, de larges espaces hauts et éclairés, bordés de boutiques et d’aires de restauration standardisées, dans lesquels on circule à pied, tout en bénéficiant de divers mécanismes palliatifs, ascenseurs, escaliers roulants, trains, navettes. L’aéroport est à un système de transport ce que la synapse est au cerveau: le point de contact entre deux cellules nerveuses, chacune caractérisée par son propre code.

Suite à un problème mécanique dans le Boeing 767 qui devait m’emporter à Buenos Aires, je me trouve, comme l’aviateur du petit Prince, coincé dans une sorte de désert: un aéroport la nuit, hanté par le grondement des zamboni à terrazo, lesquelles sont à New York presque immanquablement sous la gouverne de personnes dites de la diversité, les mêmes désargentés qui nettoient les toilettes et vident les poubelles. Passé minuit, la langue d’usage est l’espagnol plutôt que l’anglais.

Dans cet univers fantôme, où mes compagnons d’infortune dorment tant bien que mal appuyés contre des colonnes, couchés par terre ou affalés dans les fauteuils de plastiques, leur bagage de cabine coincé entre leurs cuisses, tous les appareils électroniques sont ouverts, téléviseurs, tableaux des arrivées et des départs, consoles de commande de mets standardisés, néons des hauts plafonds, mais personne ne les regarde. Jasant en petits groupes, solitaires devant leur livre mais surtout leur téléphone, les voyageurs attendent, tuent le temps comme des joueurs de quatrième trio, pris dans l’espace synaptique comme des neurotransmetteurs dont les récepteurs seraient occupés par un quelconque intrus, en l’occurrence, ce soir, la panne d’un système de navigation.

L’homme en face de moi, qui philosophait encore vaillamment il y a quelques minutes, vient de déposer sa tête dans son bras replié.

Dans ces lieux de transit, les humains trompent aussi le vide et l’angoisse en dépensant dans les duty free ou en ingérant de l’alcool éthylique. Le bar à ma gauche, bien que vide, est absolument rutilant. Bouteilles, manettes, écrans petits et grands, tout est froid et coloré. Si le personnel était présent, les élégants tabourets de bois foncé seraient probablement tous occupés. Les naufragés du vol 979 ne sont pas tous oisifs. Certains écrivent dans leurs blogues ou consultent des tableaux excel colorés en mangeant des beignes et des muffins obtenus, contre un voucher électronique, à l’unique point de restauration ouvert, un Dunkin Donuts dont le décor curieusement m’a fait penser aux Nighthawks de Hopper.

J’envisage de m’affaler dans un banc de plastique quand je songe que des millions de personnes, coincées dans des camps, dans des bateaux de fortune, en Syrie, au Bangladesh, en Libye ou à Calais, vivent des années durant des souffrances sans aucune commune mesure avec mon petit contretemps de quelques heures.

Ces gens devant leur écran autour de moi sont-ils réfugiés dans le virtuel?

New York, souvent confondu avec Manhattan, est absent à l’aéroport de Newark, NJ.

Tout est absent ici. C’est peut-être pourquoi j’aime les aéroports. Malgré l’agitation, ce sont des lieux de pause, semblables aux silences en musique.

 


Retour de Californie

29 juin 2019

La Californie occupe dans l’inconscient collectif une niche particulière, celle de l’Eldorado américain. D’abord sous domination espagnole, puis mexicaine, puis brièvement république indépendante, l’état a rejoint l’union en 1850. El Dorado? Certainement. La Californie a vu sa population exploser à la suite du célèbre Golden Rush de 1849, qui a principalement touché San Francisco.

Se sont rués vers l’ouest les chercheurs d’or, mais aussi les immigrants de tous horizons, attirés par le climat et les perspectives agricoles. L’ouverture du canal de Panama et le développement de l’industrie du cinéma ont ensuite fait de Los Angeles un pôle plus important que sa rivale du nord.

La Californie, 40 millions d’habitants, est aujourd’hui plus populeuse que le Canada. Plus à gauche que la moyenne des états américains, elle a gardé, notamment par le développement de la technologie de pointe à Silicon Valley, son aura progressiste. Ce rôle d’innovation s’est aussi exprimé dans les arts, notamment en musique par le développement du West Coast Jazz et surtout par la concentration de musiciens folk-pop en Californie dans les années 1960-1970.

La Californie occupe une place importante dans l’imaginaire du boomer québécois. California chantait Charlebois en 1968. La charrue passe dans le ciel et je descends lentement l’escalier rouge et blanc de l’avion qui m’emporte chaque nuit en Californie, in California.

La puissance du rêve californien exporté mondialement à cette époque a son revers. D’une certaine façon, la Californie s’est figée autour de cette mythologie d’eden idyllique. Aujourd’hui il est difficile de manger dans un café sans être inondé de golden rock des années 60 à 80. Le rêve des hippies s’est mué en une dolce vita centrée autour du culte du corps, du mieux-être ésotérique et de la célébration du vin et de la nourriture. Cette société pseudo-parfaite cache des inégalités socio-économiques saisissantes. Beaucoup de personnes, jeunes et vieilles, de toutes les races, éjectées du rêve libéral à la suite du crash de 2008, vivent dans la rue. L’économie est peut-être florissante en surface, mais elle s’appuie sur l’afflux constant de migrants illégaux qui, paradoxalement, assurent sa régénération.

Les hauts palmiers et le ciel immaculé sont toujours là. Le rêve aussi, il faut croire.


Au salon du livre de Québec

11 avril 2019

Je serai au salon du livre de Québec aux heures suivantes:

Jeudi 11: 10-12 h (courte échelle) stand 6
Vendredi 12: 12h30-13h30 (courte échelle)
Vendredi 12: 19-20h (Québec Amérique) stand 25
Samedi 13: 17-18h (Québec Amérique)
Dimanche 12h30-13h30 (Québec Amérique)
Dimanche 11h30 – Table ronde «Mission médecin» (Scène des rendez-vous littéraires, 55 minutes) avec Jean Robert et Jean Désy.

Au plaisir de vous voir!