La vie ne tient qu’à un fil. Oui, mais lequel?

8 octobre 2018

Le Fil de la vie, paru en 2005 et récipiendaire du prix de la ville de Québec et du salon du livre de Québec (jeunesse), a fait l’objet d’une réédition aux éditions de la courte échelle. Il reparaîtra en novembre prochain.

Ce livre pour jeunes de 7 ans et plus parle du deuil d’un proche.

C’est le 22 février, à huit heures quarante-sept minutes, que le malheur, comme un éclair malfaisant, est entré dans la maison. Ce matin-là, papa nous a réunis dans la cuisine pour nous annoncer que tante France avait eu un grave accident de voiture.

Quand FX apprend la mort de sa tante, un énorme trou se creuse dans son ventre et sa tête s’emplit de questions. Des questions auxquelles même les adultes ont parfois de la difficulté à répondre. Heureusement, sa cousine Éloïse est là. Avec elle, les choses sont toujours plus simples et FX comprend que le malheur peut se mêler au bonheur, comme le font la vanille et le chocolat dans la crème glacée marbrée.

Le fil de la vie 2018


«Une sentinelle sur le rempart» aux bouquineries de Chrystine Brouillet

30 septembre 2018

Chrystine Brouillet, écrivaine mais aussi animatrice essentielle du livre au Québec, a commenté mon petit dernier le 29 septembre sur les ondes de TVA.


«Une sentinelle sur le rempart» dans Polar, noir et blanc

26 septembre 2018

Voici la recension de France Lapierre de Une sentinelle sur le rempart dans le blog Polar, noir et blanc.


Causerie et séance de signature le 29 septembre à Québec

18 septembre 2018

Le samedi 29 septembre prochain, à 14 heures, j’aurai le plaisir de m’entretenir avec Marie-Hélène Vaugeois, de la librairie du même nom, au sujet d’Une Sentinelle sur le rempart.

L’événement aura lieu au Café Castelo, 1298 avenue Maguire. Le tout sera suivi d’une séance de signature à la librairie, juste à côté.

Parmi les sujets abordés, la médecine, mon parcours des Îles-de-la-Madeleine à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec, la double vie médecin-écrivain, sans compter évidemment la tourmente engendrée par la récente réforme de la Santé.


«Une sentinelle sur le rempart»: lancement le 13 septembre au Pub Galway à Québec

5 septembre 2018

Le lancement de ma première incursion (ou excursion?) à l’extérieur de la fiction aura lieu le 13 septembre à 17h00 à l’étage du Pub Galway, avenue Cartier, à Québec.

Tout le monde est bienvenu.

 

Au cœur de la tourmente du système de santé

Une sentinelle sur le rempart – Parcours d’un médecin

De quoi est fait le quotidien d’un médecin, surtout dans un système de santé grevé par des mesures gouvernementales qui suscitent la controverse? Ce récit autobiographique du médecin et écrivain Jean Lemieux trouvera un écho certain, à quelques semaines de la période électorale…

Qu’est-ce qui pousse un jeune sain d’esprit à devenir médecin? Comment la pratique se vit-elle au jour le jour? De quoi est fait le combat d’un chef de service aux prises avec la réforme du système de santé? Jean Lemieux revient sur son parcours d’omnipraticien, depuis ses études à l’Université de Montréal jusqu’à sa retraite de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec en juillet dernier, en passant par ses douze années de pratique aux Îles-de-la-Madeleine. Le ton intime et émouvant du récit nous plonge au cœur de la réalité médicale, des nuits de garde aux réflexions portant sur la vie et la mort, les effets des nouvelles règles de gouvernance, et sa crainte de se retirer alors qu’il y a un cruel manque de relève en omnipratique.

À l’instar du médecin et écrivain québécois Jacques Ferron, qu’il considère comme son père littéraire, Jean Lemieux se voue avec un égal bonheur à ses deux carrières, une double identité qu’il revendique depuis la parution de son premier roman en 1991. Ce premier récit, qui se dévore comme un roman, est porté par une écriture fine et sensible parsemée de pointes d’humour, qui séduira tout autant les passionnés de médecine et d’actualité que les amateurs de littérature.

Inv_Sentinelle

 

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«Une sentinelle sur le rempart» en librairie le 12 septembre

3 août 2018

J’ai soixante-trois ans, bientôt soixante-quatre. J’écris ces pages dans la chambre de garde de l’hôpital psychiatrique où je travaille depuis vingt-trois ans. Dans six mois, je quitterai l’établissement pour prendre, sinon une retraite définitive, du moins un long congé au bout duquel j’évaluerai si j’ai envie de pratiquer quelques heures par semaine la médecine. J’arrive, pour paraphraser Miron, au bout d’un long voyage abracadabrant.

Qu’est-ce qui pousse un jeune sain d’esprit à devenir médecin? Que ressent-on quand on pénètre dans un laboratoire d’anatomie peuplé de 41 cadavres? Quand on entreprend sa première garde d’interne? Quand on doit annoncer à des parents que leur fils est en état de mort cérébrale, à un patient de 44 ans en pleine forme que son échographie révèle une masse au pancréas? Que vit un médecin au quotidien?

 

J’ai écrit d’octobre 2017 à avril 2018 un récit autobiographique centré sur la médecine. J’y reviens sur mon parcours d’omnipraticien, de mes débuts aux Îles-de-la-Madeleine jusqu’à mes années de pratique en milieu psychiatrique. J’emmène le lecteur avec moi pendant mes gardes de nuit. Je lui fais partager mon combat de chef de service aux prises avec la réforme du système de santé. Mais le récit intime commence bien avant, à Iberville, dans le logement en haut de la pharmacie Gareau et Lemieux, à Saint-Jean-sur-Richelieu, sur les bancs du collège où je vivais mon rêve psychédélique, à Montréal, dans l’amphithéâtre de première année de médecine.

SentinelleSurLeRempart (1)


Philip Kerr, un grand écrivain parti trop tôt

24 juin 2018

Je viens de terminer The Other Side of Silence (Les pièges de l’exil), l’un des derniers romans de Philip Kerr, auteur écossais décédé d’un cancer en mars, à l’âge de 62 ans. Il a écrit plus d’une trentaine de romans, à une cadence époustouflante, autant pour les jeunes que les adultes.

Sa série phare demeure celle mettant en scène Bernie Gunther, ex-détective des homicides de Berlin inlassablement recyclé, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, en SS, en privé, en envoyé spécial, en agent de sécurité au célèbre hôtel Adlon sur l’avenue Unter den Linden. Les trois premiers romans de la série, regroupés dans la Trilogie berlinoise, ont de fait créé un sous-genre dans le polar et inspiré plusieurs imitateurs.

Dans sa version originale anglaise, ces romans «allemands» ont un parfum particulier. Ils sont écrits au je et le narrateur, Bernie Gunther, s’exprime dans une langue tout à fait moderne, synthétique, avec un sens du punch beaucoup plus américain que britannique. Par le style, aussi par la dégaine de ce solitaire désabusé amateur de femmes et d’alcool, il évoque davantage le Marlowe de Raymond Chandler qu’un flic allemand. En un mot, Bernie Gunther ne semble pas penser et vivre en allemand, on croirait qu’il a grandi à San Francisco.

Cette faille, certainement plus perceptible en anglais, n’a pas empêché les livres de connaître un succès mondial: en littérature, l’important n’est pas d’être exact, mais d’être vraisemblable. Le lecteur est prêt à avaler une couple de couleuvres à condition d’être transporté. Le personnage même de Gunther, bardé de toutes les caractéristiques du détective revenu de tout, évolue à la limite du cliché tout en demeurant intéressant et crédible. Le mérite de Kerr, diplômé en droit et en philosophie, est de le confronter à des dilemmes éthiques complexes, ces derniers ne manquant pas pendant le Troisième Reich. Ajoutez au tout des dialogues dynamiques, un humour corrosif, des intrigues structurées, de la tension sexuelle, surtout l’indéniable fascination qu’exerce l’époque sur la psyché populaire et vous obtenez de bons romans.

The Other Side of Silence, d’abord publié en 2016, est campé sur la Côte d’Azur, en 1956. Bernie Gunther n’est plus détective à l’Adlon, mais concierge dans un hôtel chic de Cap-Ferrat. Les premières cent pages sont assez languides. Gunther, délaissé par sa femme, se remet d’un suicide raté en jouant au bridge. Alarmé par le retour d’un maître-chanteur connu dans l’entre-guerre à Berlin, harponné par une biographe dont les charmes sont plus évidents que le talent, il est bientôt mis en présence de Somerset Maugham lui-même, délicieux en vieillard cynique et retors. L’intrigue se complique quand une vulgaire tentative de chantage se transforme en une opération de contre-espionnage sophistiquée, qui évoque la célèbre infiltration des services secrets britanniques par l’URSS dans les années 1950. La deuxième partie du roman est digne des meilleurs John Le Carré.

Il semble que Philip Kerr, se sachant sans doute condamné, n’ait pas cessé d’écrire. Après Greeks Bearing Gifts paru cette année, le dernier Bernie Gunther, Metropolis, sortira l’an prochain.

Écrire à un tel rythme, est-ce bon pour la santé?