Les murs de Derry, dix-sept ans après «The Troubles»

15 août 2015

Derry, ou officiellement Londonderry, a été fondée au début du dix-septième siècle par des marchands anglais désireux de protéger leurs intérêts dans le nord de l’Irlande. L’appellation «Derry» était une déformation du gaélique «Doire». Le préfixe «London» fut ajouté pour souligner l’emprise anglaise sur la nouvelle cité.

Aujourd’hui encore, bien que «Derry» soit beaucoup plus utilisé que «Londonderry», l’usage de l’un ou l’autre nom demeure un élément divisif entre catholiques et protestants. Le préfixe londonien, planté devant le nom tiré du gaélique, est aussi railleur (ou démodé selon le point de vue) que la vieille ville, ceinte de ses murailles, dominant le bogside, dans un arrangement qui n’est pas sans rappeler Québec avec ses haute et basse villes.

The Troubles, l’affrontement socio-politique qui a déchiré l’Irlande-du-Nord entre la fin des années 1960 et 1998, a entraîné la mort de plus de 3500 personnes, civils, militaires, paramilitaires. Le conflit, dont les racines remontent à l’établissement de colons protestants par la couronne anglaise au dix-septième siècle et, plus récemment, à la partition de l’Irlande en 1922, est trop complexe pour le résumer ici. Depuis les accords de Belfast (The Good Friday Agreement) signés en avril 1998, l’Irlande du Nord vit dans une paix relative, à peine troublée par de rares incidents, dont certains demeurent meurtriers.

Il suffit de se promener dans Derry aujourd’hui pour comprendre que ces accords, s’ils marquent un progrès, ne constituent qu’une trêve. La vie quotidienne en Irlande du Nord demeure marquée par les barrières entre les nationalistes catholiques et les unionistes protestants. Le système d’éducation est confessionnel. Les six comtés d’Irlande-du-Nord, détachés des 26 comtés qui composent la république libre d’Irlande, font toujours partie du Royaume-Uni. Son secteur manufacturier durement touché par la globalisation, administrée par un gouvernement mixte, mais qui demeure quasi rhodésien par son conservatisme, l’Irlande du Nord accuse un retard sur sa voisine du sud, qui vient par exemple d’approuver le mariage entre conjoints de même sexe.

Sous les remparts de la ville fortifiée, le long de la frontière avec le bogside, les monuments dédiés aux victimes des Troubles sont devenus l’une des principales attractions de la ville. S’y trouvent, notamment, un pan de mur sur lequel s’étale, en grosses lettres: YOU ARE NOW ENTERING FREE DERRYun monument en forme de H dédié aux grévistes de la faim morts dans l’aile H du Maze, ainsi qu’un mémorial pour les 14 victimes du Bloody Sunday, le mitraillage, le 30 janvier 1972, d’une foule de manifestants par les forces armées britanniques.

Au-delà de cette ligne imaginaire, des maisons de brique en rangées, modestes et quelques peu tristounettes, qui ne suintent ni l’opulence ni la misère, mais plutôt une gêne, une rage rentrée, délétère, muette. Du côté de la Foyle, quelques rues marchandes qui témoignent à la fois d’une volonté de renouveau et d’une réalité économique difficile.

Dans un pub, alors que s’annonce un match entre l’Écosse et l’Irlande, A soldier’s song, l’hymne national irlandais, ne soulève pas d’enthousiasme chez les buveurs du samedi après-midi. Ces hommes, majoritairement ou exclusivement catholiques, sont certes irlandais, mais ils sont prisonniers de cet espace politique cloisonné, où l’espoir d’une réunification avec leurs cousins du sud devient chaque année plus illusoire.

Les murs de Derry, qui ont soutenu en 1689 un siège de 105 jours, sont, comme ceux de Québec, bien épais.


On parle encore du dernier Surprenant

23 juillet 2015

Anne-Marie Aubin, professeur de littérature, par ailleurs éditrice du Trésor de Brion en 1995, a ceci à dire sur «Le mauvais côté des choses» sur le site journalmobiles.

Une autre recension, cette fois de Michel Dufour, sur l’excellent blogue Sang d’encre polars.


«Le mauvais côté des choses»: nouvelle recension

1 juillet 2015

Venise Landry, dans son blogue Le Passe Mot, écrit ceci à propos du dernier Surprenant.


Une fiche pédagogique pour «Le trésor de Brion»

18 juin 2015

Les éditions Québec Amérique ont préparé une nouvelle fiche pédagogique pour Le trésor de Brion.

Paru en 1995, réimprimé à de multiples occasions, muni d’une nouvelle couverture depuis quelques années, réédité l’an dernier, ce roman d’aventures dont l’action se situe aux Îles-de-la-Madeleine est à l’étude dans plusieurs écoles secondaires du Québec.

Gagnant des prix Christie et Brive-Québec lors de sa sortie, Le trésor de Brion – mon préféré parmi mes livres (Chut!) – tient la mer.

La fiche pédagogique est disponible sur la page suivante.


Aux Printemps meurtriers de Knowlton

11 Mai 2015

C’est ce week-end, du 15 au 17 mai, qu’aura lieu la quatrième édition des Printemps meurtriers de Knowlton.

J’aurai le plaisir d’y côtoyer une foule de maîtres du polar, sans compter les visiteurs qui sont chaque année plus nombreux.

Au plaisir de vous y voir!

 


Au salon du livre de Québec

6 avril 2015

Je serai au salon du livre de Québec cette semaine.

Mercredi 12h00 – Entrevue à CKRL 89,1 avec Barbel Reinke
Jeudi 9 avril : 18h30 à 19h30 – stand QA 161
Vendredi 10 avril : 17h30 à 18h30- stand QA 161
Samedi 11 avril :15h30 – Rencontre d’auteur, Scène Radio-Canada
16h30 à 17h30 – stand QA 161
Dimanche 12 avril : 15h à 16h – stand QA 161

Au plaisir de vous voir.


Jeux de mains, jeux de vilains

29 mars 2015
(Cette critique de Norbert Spehner est parue dans La Presse+ le 29 mars 2015)

LE MAUVAIS CÔTÉ DES CHOSES, DE JEAN LEMIEUX

« Trois branches d’amélanchier… Comment peut-on s’associer à un arbre ? Le roman de Ferron avait paru quarante ans auparavant. Lui-même l’avait lu au collège. Sa fille Maude l’avait étudié à l’université. Il conclut que dans le contexte québécois, le tueur faisait probablement référence au livre plutôt qu’à l’arbre. Ou plus probablement à une personne associée à ce livre.

Dans La Presse, le meurtre de la veille était signalé en page 12 par un entrefilet, en des termes généraux, sans même que le nom de la victime soit mentionné. Deschamps se réservait peut-être le choix de le commenter le lendemain. »

JEUX DE MAINS, JEUX DE VILAINS

Le mauvais côté des choses Jean Lemieux Québec Amérique, 376 pages 4 étoiles

Le mauvais côté des choses, de Jean Lemieux, est la quatrième enquête d’André Surprenant, ce flic sympathique rapatrié des Îles-de-la-Madeleine pour intégrer les rangs de l’escouade des crimes majeurs du Service de police de Montréal. D’emblée, il doit travailler sur une affaire d’une rare complexité : un restaurateur de la Petite Italie a été abattu alors qu’il quittait sa pizzeria. Son cadavre a été amputé de la main droite. S’agit-il de l’œuvre d’un psychopathe ou d’un règlement de compte mafieux avec signature ? Surprenant découvre que les ramifications de l’enquête semblent s’étendre à sa propre histoire familiale, notamment à la disparition de son père dont la présence est de nouveau signalée à Los Angeles. Avec une enquête menée avec brio, un protagoniste attachant dont on découvre la personnalité et l’histoire familiale, un rythme soutenu et une écriture subtile et efficace, ce polar (hommage à l’écrivain Jacques Ferron) est le meilleur de cette série remarquable.


Au salon du livre de Trois-Rivières

29 mars 2015

Je serai cet après-midi au salon du livre de Trois-Rivières, de 13h00 à 14h30.


Causerie-séance de signature à la librairie Vaugeois samedi le 28 mars

26 mars 2015

Je serai à la librairie Vaugeois, 1300 avenue Maguire, samedi le 28 mars, de 11h00 à 13h00 pour une causerie-séance de signature autour du dernier Surprenant, Le Mauvais Côté des choses.

La première partie se tiendra au Grain de café, café adjacent, et consistera en un échange avec Marie-Hélène Vaugeois. Pendant la deuxième, je serai à la librairie.
Météo: ensoleillé avec passages nuageux.

Séance de signature samedi le 21 mars à Saint-Jean-sur-Richelieu

17 mars 2015

J’aurai le plaisir de rencontrer mes lecteurs de la région de Saint-Jean-sur-Richelieu à la librairie Moderne, 1001 boul. du Séminaire Nord, samedi le 21 mars dès 13 heures.

André Surprenant ayant renoué avec ses racines familiales dans Le Mauvais Côté des choses, c’est avec plaisir que je retournerai au pays de mon enfance et de mon adolescence.