Le tournage de « La peur de l’eau »: c’est parti!

14 septembre 2010

C’est ce matin, aux Iles-de-la-Madeleine, que débute le tournage de La peur de l’eau, long métrage inspiré de mon roman On finit toujours par payer.

Sous la direction de Gabriel Pelletier, une imposante distribution transposera à l’écran ce polar marquant l’entrée en scène du sergent-enquêteur André Surprenant, amateur de jazz, pianiste classique recyclé dans l’accompagnement de chansonnettes, joueur de hockey au sein des Dinosaures de JFT Électrique, père de deux ados et par ailleurs impliqué dans des complications sentimentales.

On finit toujours par payer, paru en 2003 aux Éditions de la courte échelle et réédité en format poche l’an dernier, raconte l’enquête sur le viol et le meurtre de Rosalie Richard, dix-huit ans, fille de Roméo, propriétaire crabier et maire de Havre-aux-Maisons.  La cégépienne, de caractère rebelle, est au centre d’une toile de relations complexes. Elle fréquente un dealer de Havre-Aubert, de même que son prof de français, est l’objet des fantasmes d’un concierge d’école douteux, est en mauvaises relations avec sa belle-mère et le second du bateau de son père, et demeure troublée par le suicide de son cousin Emmanuel, survenu quelques mois auparavant.

C’est de cet écheveau de relations inextriquables que Surprenant, lui-même en conflit avec un enquêteur dépêché du continent, devra faire jaillir la lumière.

Bonne chance à toute l’équipe.


Annonce de la distribution de « La peur de l’eau »

26 août 2010

Nicole Robert, productrice du film La peur de l’eau, inspiré de mon roman On finit toujours par payer, en a annoncé hier la distribution.

Pierre-François Legendre tiendra le rôle du sergent André Surprenant. Brigitte Pogonat sera Geneviève Savoie, tandis que Stéphanie Lapointe incarnera Rosalie Richard.

Parmi la distribution, on note la présence de Normand D’Amour, Pascale Bussières, Paul Doucet, Germain Houde, Maxime Dumontier, Sandrine Bisson, Isabelle Cyr, Alexandre Goyette et Michel Laperrière.

Produit par la maison Go Films, le film sera réalisé par Gabriel Pelletier. Le scénario est de Gabriel Pelletier et Marcel Beaulieu. Le film sera distribué par Remstar en 2011.

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/entrevues/entrevue/12383-ila-peur-de-leaui-frissons-et-grosse-distribution.

http://divertissement.ca.msn.com/cinema/branchez-vous/branchezvous-article.aspx?cp-documentid=25348177


Les premiers pas de Wallander

30 juillet 2010

J’ai acheté il y a quelques semaines une édition anglaise de 5 nouvelles de Henning Mankell, intitulée The pyramid.

Je n’ai pas tout lu Mankell, mais je crois que j’ai lu toute la série des Wallander, plus quelques autres romans dont notamment Tea-BagProfondeurs et Le cerveau de Kennedy.

J’étais un peu sceptique, les récupérations de premières parutions d’auteurs révérés se révélant parfois décevantes. J’ai lu les deux premières nouvelles et j’ai été charmé.

Kurt Wallander, cet anti-héros, y apparaît alors qu’il n’a qu’une vingtaine d’années. Jeune policier, il n’est pas encore chargé d’enquêtes criminelles. Mais déjà son personnage est tout à fait congruent, formé, le moule crédible de ce qu’il deviendra dans les grands romans qui marqueront sa maturité: solitaire, obstiné, sombre, rebelle et conformiste à la fois, porteur de cette angoisse qui deviendra, tel que l’écrit Mankell dans la préface du recueil, le leitmotiv de la série (qu’il a incidemment décidé de sous-titrer «Novels about the swedish anxiety»).

Il est d’ailleurs remarquable que Mankell, dans certains interviews, a laissé entendre qu’il en avait un peu marre de son personnage, le décrivant comme un homme avec qui il ne s’entendrait probablement pas.

Ces nouvelles se démarquent par une économie de moyens, un sens de l’ambiance, des esquisses de personnages qui ne sont pas sans rappeler, par certains aspects, Simenon.

Pour les aficionados de Mankell, on y découvre la genèse de la vie amoureuse et familiale de Wallander, notamment sa relation avec Mona, la mère de sa fille Linda.


Tournage aux Îles en septembre

26 juillet 2010

Le tournage de La peur de l’eau, adaptation cinématographique de mon roman On finit toujours par payer, débutera le 14 septembre prochain aux Iles-de-la-Madeleine.

L’équipe du réalisateur Gabriel Pelletier comprendra 50 techniciens et 20 comédiens, de même que des figurants madelinots. La productrice Nicole Robert, présidente de Go Films, évalue à un demi-million de dollars les retombées économiques pour l’arphipel.


Retour de Berlin

8 juillet 2010

Je reviens d’un bref séjour à Berlin.

Quelques images dans le kaléidoscope.

Au musée The story of Berlin, ces deux extraits de film, jouant l’un en face de l’autre: de part et d’autre du mur en construction, en août 1961, les habitants des deux Berlin, surveillés par des gardes, se font des signes de la main, s’embrassent à distance, pleurent, observent, incrédules, la construction de ce mur qui allait les séparer pendant vingt-huit ans et trois mois.

Vingt-trois heures, sur les bords de la Spree, en face de l’Île aux musées, cette piste de danse sous les palmiers, où, sous une pluie fine, une trentaine de mordus dansent le tango.

Toujours au bord de la Spree, dans le magnifique schlossgarten du château de Charlottenbourg, une vieille dame très belle, très droite, qui marche mélancoliquement dans l’orangeraie.

Le tsumani de hourras qui soulève les terrasses du Hackescher Markt quand l’Allemagne marque le premier but contre les Argentins.

Les nuées de jeunes pédalant sur d’antiques bicyclettes.

Phénix renaissant de ses cendres après la deuxième guerre mondiale, le cauchemar du Mur et la réunification, Berlin est en passe de redevenir une grande capitale européenne, au confluent de l’est et de l’ouest. Avec ses grues, ses vieux édifices trash, ses monticules de gravats, sa faune artistique, sa population multiculturelle, cette ville est un laboratoire social.


Le gardien de sécurité helvète et les Bleus

1 juillet 2010

Aéroport de Zurich, mercredi 06h45.

Devant le scanner, tandis que je dépose ma ceinture, mon ordinateur, ma monnaie, dans les bacs de plastique, l’homme – petit, rondouillet, la cinquantaine grisonnante – me tend brusquement la main et me dit: «Français? Mes condoléances.» Le tout avec un fort accent allemand.

Je serre la main, interdit. J’ai peut-être dit «Bonjour!», mais je ne suis pas français, ou si peu. Et cet homme paraît diablement sérieux.

La déconfiture des Bleus en Afrique du Sud a été si spectaculaire que je ne m’interroge qu’une seconde sur l’origine de ses sympathies.

Ce Suisse est aussi imperturbable qu’un garde. Est-ce un pince-sans-rire? Compatit-il vraiment avec ma «souffrance», qui peut être la sienne puisque l’équipe suisse a été elle aussi éliminée en phase de groupes?

Je me dirige vers l’arche électronique en me disant que les deux hypothèses sont aussi drôles l’une que l’autre.


La Barcelone de Ruiz Zafon

30 juin 2010

Le jeu de l’ange, paru l’an dernier, est un roman étrange, à la fois convenu et original.

Après le succès planétaire de L’ombre du vent, l’auteur, qui serait maintenant scénariste à Hollywood, en reprend les ingrédients principaux: ambiance gothique, amours contrariées, rebondissements, jeux de miroir, passion pour les livres, le tout assaisonnée à la catalane.

Il ne faut pas s’y méprendre. Si Le jeu de l’ange est racontée du point de vue du narrateur, ce Daniel Martin écrivain, amoureux et enquêteur, le personnage principal demeure la Barcelone de l’entre-deux-guerres, ville mythique, démesurée, qui est évoquée avec une flamboyance gaudienne. Du Barn aux Jardins Güell, du Raval aux plages de la Bogatell et à la colline de Montjuic, le lecteur, plus particulièrement l’amoureux de Barcelone, se promène, plan virtuel ou souvenirs en tête, dans les dédales de la vieille ville portuaire.

Comme le genre l’exige, la ville n’est pas parée de ses atours les plus rieurs. Les feuilles sont mortes, les ruelles, glauques, les nuages, rouges, ocres, saturés des relents des usines. Les gens y traînent des existences sordides, marquées par la déveine et les inégalités sociales, lesquelles sont compensées par l’humour et la solidarité.

Dans cette Barcelone de carton-pâte, Zafon a bâti une intrigue tortueuse, abracadabrante, mais maîtrisée. Malgré son ampleur, on y retrouve la rigueur propre aux bons scénarios. L’intrigue repose néanmoins sur le surnaturel, ce qui, opposé au réalisme de l’ensemble, en accentue justement l’aspect baroque. Loin du réalisme magique de Garcia Marquez, on flirte ici avec le fantastique.

Le jeu de l’ange demeure une bon livre, ne serait-ce que par son décor.


«Le mort du chemin des Arsène» est finaliste au Prix des abonnés de la bibliothèque de Québec

17 juin 2010

Chaque année, le réseau des bibliothèques de Québec, qui regroupe vingt-cinq bibliothèques réparties dans les six arrondissements de la ville, décerne les «Prix des abonnés». Il s’agit de distinctions assorties de bourses, accordées selon le vote des lecteurs.

Le mort du chemin des Arsène est en lice cette année dans la catégorie Fiction, en compagnie de Le masque étrusque, de Louis Jolicœur, paru à L’instant même et de Aréna, 1, Panache de Sylvain Hotte, paru aux Intouchables.

Dans la catégorie Documentaire, les finalistes sont:

Destination LHJMQ – Dans les coulisses du hockey junior, Michel-André Roy, Flammarion Québec

Lieux de légendes et de mystère du Québec, Henri Dorion et Pierre Lahoud, Éditions de l’Homme

À table en Nouvelle-France, Yvon Desloges, Éditions du Septentrion

Dans la catégorie Jeunesse, les finalistes sont:

Mon papa ne pue pas, Andrée Poulin et Jean Morin, Éditions Isatis

Arthur et le yéti du lac Pichette, Johanne Mercier, Dominique et compagnie

Porthos et la menace aux yeux rouges, Denis Côté, Dominique et compagnie

Ces prix seront remis en octobre prochain.

Les abonnés peuvent aussi voter en ligne au www.bibliothequesdequebec.qc.ca jusqu’au 3 octobre.


Barcelone, l’adolescente bigarrée

8 juin 2010

Le Saint-Laurent, avant de porter son nom chrétien, était Magtogoek, le «chemin qui marche».

À ce compte, la Rambla, ce grand boulevard ombragé qui draine le centre de Barcelone jusqu’à la statue de Colomb et, au-delà, à la mer, est un fleuve. Les gens, Barcelonais et touristes confondus, s’y laissent dériver, comme du bois de coupe, parfois sans autre but que d’être là, d’observer, d’admirer, de participer. Les indigènes ne paraissent pas moins désœuvrés que les visiteurs.

Barcelone, deuxième ville d’Espagne, est une métropole moderne et dynamique. Pourtant j’ai l’impression que personne n’y travaille beaucoup. Dans le centre, je cherche en vain ces cubes de verre dans lesquels de jeunes loups cravatés jonglent avec des deniers. Du haut du Montjuic, j’aperçois en périphérie des grues, des buildings, dont certains possèdent des formes inoubliables, dont ce phallus mauve familièrement surnommé «le Pénis». S’il se brasse des affaires, ce doit être là.

Barcelone est aussi un port, d’où rayonne des cargos, des bateaux de croisière. Sans être une station balnéaire, la ville possède de belles plages, à l’est de la Barceloneta. Y vit, carte de visite, l’héritage de Gaudi, de la Sagrada Familia au Parc Güell aux maisons qu’il a semées dans la ville, ces apologies du baroque et de la courbe. Les jeunes portent des tenues colorées, audacieuses. La ville veille jusqu’aux petites heures, se lève tard, un peu courbaturée. Le tissu social est une courtepointe, continentale, maghrébine, sud-américaine, asiatique, africaine. L’identité politique et la langue sont doubles, catalane et espagnole.

Pour toutes ces raisons, je m’éveille ce matin dans une ville adolescente, bigarrée, presque dénuée d’angoisse. Barcelone est une ville où on a simplement envie de vivre.


Villa Amalia: un film dérangeant

11 Mai 2010

Il est des films qui distillent des images insoutenables, tel un poison violent.

D’autres possèdent un pouvoir plus insidieux. Villa Amalia, réalisé par Benoît Jacquot d’après un roman de Pascal Quignard, est de ceux-là.

L’histoire est toute simple: une femme dans la cinquantaine, blessée par la trahison de son conjoint, quitte tout, erre un peu en Allemagne, un peu en Suisse, avant d’atterrir dans une île de la côte amalfitaine. Elle s’y loue une maison abandonnée, nage dans la Méditerranée et ne fait rien du tout. Elle enterre sa mère, revoit un père disparu pendant l’enfance.

Le cinéma français nous a habitué à des films bavards. Celui-ci, comme une partition musicale où alternent des mouvements contrastés, est meublé de silences émaillés de dialogues concis ou de conversations décousues. La résultante est une impression de mystère. On ne sait jamais trop ce qu’il y a dans la tête de cette pianiste fêlée qu’incarne (encore) délicieusement Isabelle Huppert.

Reste ce sentiment de la fuite possible, d’une vie qu’on peut réinventer à tout instant, sur une impulsion souveraine.