Villa Amalia: un film dérangeant

Il est des films qui distillent des images insoutenables, tel un poison violent.

D’autres possèdent un pouvoir plus insidieux. Villa Amalia, réalisé par Benoît Jacquot d’après un roman de Pascal Quignard, est de ceux-là.

L’histoire est toute simple: une femme dans la cinquantaine, blessée par la trahison de son conjoint, quitte tout, erre un peu en Allemagne, un peu en Suisse, avant d’atterrir dans une île de la côte amalfitaine. Elle s’y loue une maison abandonnée, nage dans la Méditerranée et ne fait rien du tout. Elle enterre sa mère, revoit un père disparu pendant l’enfance.

Le cinéma français nous a habitué à des films bavards. Celui-ci, comme une partition musicale où alternent des mouvements contrastés, est meublé de silences émaillés de dialogues concis ou de conversations décousues. La résultante est une impression de mystère. On ne sait jamais trop ce qu’il y a dans la tête de cette pianiste fêlée qu’incarne (encore) délicieusement Isabelle Huppert.

Reste ce sentiment de la fuite possible, d’une vie qu’on peut réinventer à tout instant, sur une impulsion souveraine.

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