Le mort du chemin des Arsène

16 septembre 2009

Alors qu’il s’apprête à quitter son poste aux Îles-de-la-Madeleine, le sergent-détective André Surprenant doit mener une dernière enquête. Le cadavre d’un homme a été retrouvé dans sa maison de l’Étang-du-Nord. Tout laisse croire qu’il s’est suicidé.

Mais pourquoi Romain Leblanc, musicien au sommet de sa gloire, grand tombeur de femmes, riche propriétaire depuis un récent héritage, se serait-il enlevé la vie?

Au fil de son enquête, André Surprenant découvre peu à peu que dans cet archipel isolé, battu par les vagues et le vent, chaque secret en cache un autre…

Pour en savoir davantage…

http://www.youtube.com/watch?v=gzSJQIBENBY


Double lancement en vue

10 septembre 2009

Mon nouvel opus, Le mort du chemin des Arsène, sera officiellement lancé le mercredi 23 septembre à 17 heures à l’étage du Pub Galway, avenue Cartier, à Québec.

La semaine suivante, je serai aux Iles-de-la-Madeleine pour le lancement atlantique, le jeudi 1er octobre à 17 heures au Vieux-Couvent, à Havre-aux-Maisons.


Johnny Walker, chauffeur de taxi

29 août 2009

L’homme fait son entrée dans le lobby de l’hôtel. Cheveux blancs coupés à la militaire, la démarche chaloupée par des genoux en guillemets, il s’informe de sa cargaison.

Elle consiste en Fille, Fiston et moi-même, plus nos valises. Destination : l’aéroport de Dublin.

Le vaisseau est une Toyota d’un âge aussi vénérable que son propriétaire. L’homme, affable et  attentionné, débarrasse le siège du passager, enfourne notre gréement dans le coffre et s’installe derrière le volant. Le dossier de son siège est doté d’une sorte d’hybride entre un boulier et un rideau de bambou. Le truc m’apparaît extrêmement inconfortable, mais ne semble pas incommoder le chauffeur, qui entreprend sur le champ de nous divertir de sa faconde.

My name is Johnny Walker, but I don’t drink whiskey.

L’homme embraie de sa main gauche, jette un œil à sa droite et glisse adroitement son vaisseau dans la traîtresse circulation des abords de Croke Park. Dans les minutes qui suivront, nous aurons l’occasion d’apprendre – entre autres choses – que :

– Johnny est né à Dublin, près de St-Stephen’s Green, et est âgé de 73 ans.

– qu’il a perdu son épouse (I still miss her so much) quinze ans plus tôt d’un cancer du sein

– qu’il a été arbitre de football

– qu’il ne croit pas que the lads se qualifieront pour le Mundial

– qu’il a été une fois en Amérique, à New York, mais qu’il a conduit jusqu’à Toronto, nice town

– qu’il amasse des fonds pour doter un hôpital pour enfants d’un appareil de résonance magnétique

– que Dublin n’est pas sûre et que Fille, surtout, ne doit pas se promener seule dans certains quartiers

Johnny Walker ne se contente pas de parler et de conduire. Il chante, et très bien. Nous avons droit à des extraits de Cockels and Mussels, La Mer de Trenet, When irish eyes are smiling, jusqu’à une traduction de Non je ne regrette rien de Piaf (That woman had quite a difficult life) (not like me : I had a wonderful life)

Le miracle est que nous semblons malgré tout nous acheminer vers notre destination. Avant de nous laisser, Johnny Walker aura eu l’occasion de nous interroger sur notre âge, notre famille, nos occupations, la situation politique au Québec, en plus de nous prodiguer mille conseils au sujet des autos de location et de la circulation sur la côte ouest.

Il aura aussi eu le temps de nous répéter sa standard line : «My name is Johnny Walker, but I don’t drink whiskey.»

L’homme, par contre, nous avoue qu’il ne craint pas de descendre une pinte de black stuff.

Les Anglais, malgré leur nombre, n’avaient aucune chance contre les Irlandais.


Ils ne sont pas à Dubai

20 août 2009

Dans mon dernier post, désarçonné par la vision d’un Grand-Papa Bi martelant mécaniquement son 4/4 au Brazen Head à Dublin, j’ai émis l’hypothèse que les funambules irandais de la double-croche avaient émigré en Amérique ou à Dubai.

Honte à moi.

Ils ne sont pas à Dubai. Je les ai retrouvés à Galway, sur la côte ouest, où sévit un vent à écorner les bœufs. Plus précisément au Tig Coeli, pub à la pimpante et écarlate dévanture, bondé de touristes mais surtout de Galwegians, où chaque soir, sous des incarnations diverses, ils m’enchantent de leurs gigues déferlantes.

J’ai entendu, hier soir, un joueur de mandoline anonyme, les cheveux noués sur la nuque, d’une virtuosité consommée. Les ensembles ne sont jamais les mêmes, mais, de toute évidence, ces musiciens se connaissent et se fréquentent, pour la plupart, depuis des années. D’un hochement de tête, ils indiquent un changement de pièce ou de tempo. Cherchez les fausses notes: elles sont rares. 

L’idée est de jouer à l’unisson, juste, vite s’il le faut, en laissant toute la place à son voisin. Pas de compétition, pas d’esbrouffe, la musique seulement qui emplit un espace clos, saturé de conversations et de rires. Entre les pièces, les musiciens prennent une gorgée de bière, rient, conversent comme si rien n’était, reprennent leur souffle avant de se joindre à un nouveau morceau, qu’un des leurs aura le plus souvent débuté rêveusement, le soumettant de façon tacite au groupe.

Ces hommes et ces femmes de tous âges, de tout acabit, de divers métiers, ont atteint des niveaux de maîtrise impressionnants, en jouant pour le plaisir. Ils consacreront une vie à maîtriser leur instrument, pour voir leur photo, peut-être, orner le pub qu’ils ont animé pendant des décennies.


Grand-Papa Bi à la guitare

18 août 2009

Dublin.

Un lundi soir d’août au Brazen head, plus vieux pub de la ville avec son ouverture en 1198. Les plafonds sont bas, les vénérables poutres usées par le heurt répété de crânes enthousiastes ou éméchés. Trois musiciens s’installent derrière la table qui leur est réservée. Un joueur de banjo-mandoline-accordéon possédant la carrure d’un joueur de rugby, une dame dans la quarantaine, la voix haut perchée, qui tape délicatement sur un bodhran, et Grand-Papa Bi à la guitare.

Difficile de préciser l’âge du personnage. Les cheveux et la moustache  sont d’un blanc cotonneux. Les lunettes d’écaille ont certainement quarante ans. Il tient sa guitare de façon bizarre, presque à plat comme une pedal-steel. Le poignet gauche est cassé par l’angle de l’instrument. Qu’importe! Grand-papa Bi n’a que faire des accords barrés, jouant toujours en do ou en sol, s’aidant d’un capo selon la tonalité des rigodons du rugbyman. La main droite tient un rythme militaire d’une redoutable simplicité, un deux trois quatre, pas moyen de s’y tromper. La dame chante juste, bien qu’il soit difficile de percevoir son soprano au milieu des conversations des buveurs.

L’ensemble est passable, sans plus. Mais Grand-Papa Bi, qui soutient la chanteuse d’une honnête voix de baryton, a un fun noir. Le rugbyman aussi, qui sourit de contentement derrière son banjo fabriqué au Japon. La chanteuse est moins à l’aise. Chanter des ballades irlandaises dans un pub envahi de touristes n’est pas un travail de tout repos, la musique se trouvant ici à tenter de recréer pour des inconnus le charme des soirées de musique entre amis, le tout dans un but mercantile.

À mes côtés, Fiston fait la baboune. Où sont donc les grands musiciens irlandais, ces funambules de la vitesse pure et de la précision? Ceux qui ne sont pas en tournée en Amérique ou à Dubai sont, semble-t-il, dans leur cuisine, dans leur salon, en attendant que le grain passe.

Au Cobblestone, nous tombons sur un meilleur équipage, une joueuse de bouzouki et quatre ou cinq apprentis violoneux, du jeunot de vingt ans à l’ex-hippie de soixante, qui jouent, plutôt bien, des airs qui ont fait leur chemin jusqu’à St-Jacques-le-mineur ou Joliette. 

La bière irlandaise a ceci de merveilleux qu’elle vous traverse sans laisser de traces. On s’éveille sous la pluie le lendemain, frais comme une rose.


Lancement le 23 septembre

28 juillet 2009

Le mort du chemin des Arsène, polar mettant en scène le sergent André Surprenant, sera officiellement lancé au Cercle, rue Saint-Joseph, à Québec, le 23 septembre prochain.

L’intrigue se déroule aux Iles-de-la-Madeleine en août 2002, soit dix mois après les événements relatés dans On finit toujours par payer. Le lecteur pourra renouer avec plusieurs personnages: Geneviève Savoie, Pierre Marchessault dit le Vieux, la réceptionniste Majella Bourgeois, Bernard Samoisette, sans oublier l’ineffable Platon Longuépée, patron de la Caverne.

Plus de détails dans quelques semaines.


Personnages

24 juillet 2009

Ce que j’aime par-dessus tout dans l’écriture, c’est de fréquenter mes personnages.

Quand je rencontre des lecteurs, la question surgit presque à coup sûr : comment les créez-vous?

La réponse est complexe. Les détails sont peu intéressants. Certains écrivains ont une méthode. La mienne est d’en avoir le moins possible. Je crée le plus souvent mon personnage sur le tas, au milieu d’une scène, d’une situation dans laquelle il doit réagir. Je cherche dès le début à le laisser faire, à l’observer. Bien sûr, certains personnages centraux possèdent, dès leur naissance, un carnet de commande chargé : ils porteront l’action ou fourniront le principal point de vue. D’autres, périphériques lors de leur naissance, imposeront leur présence et deviendront des acteurs importants dans la narration. Certains, enfin, disparaîtront sans laisser de traces durables.

Le plus grand plaisir du romancier est de sentir que son personnage, d’abord une simple esquisse imaginaire, possède désormais sa vie propre. Devant eux, je suis comme au théâtre. Le plus souvent, je connais la fin de l’histoire. Je préfère de loin l’ignorer et me laisser porter par le fil des événements. Cette méthode de construction du récit, que je qualifierais d’organique, recèle des dangers. Il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas terminer des livres. Mais il est rare qu’il n’en reste rien qui ne soit utilisable pour une autre histoire.

Les personnages sont tellement vivants qu’ils continuent à évoluer, pendant des années, quand leur créateur a l’esprit ailleurs. Je travaille présentement à un récit dans lequel resurgissent des personnages poussiéreux. À mon insu, ils ont changé. Ils me surprennent chaque fois que je pose les doigts sur mon clavier.


Les profondeurs de Mankell

13 juillet 2009

On dit de certains romans qu’ils sont taillés dans l’os.

Profondeurs, de Henning Mankell, est taillé dans la pierre. Celle de l’îlot de Halsskär, au large de la Suède, un kilomètre carré de rochers dénudés, sur lequel vit cette étrange Sara Fredrika. Le héros, Lars Tobiasson-Svartman, sondeur-cartographe de son état, quitte tout pour cette compagne improbable.

L’histoire finit mal, évidemment.

Mankell, au-delà de la série policière mettant en scène Kurt Wallander, est un écrivain à découvrir.


Les charmes discrets de Limoilou

12 juillet 2009

«Limoilou, lis-moi, dis-moi tout tout tout» (Réjean Ducharme)

C’est le duo Charlebois-Ducharme qui m’a fait connaître Limoilou, au début des années 70. Sans y avoir jamais mis les pieds, j’ai été d’abord charmé par la douce consonance du mot, ce «moi» entouré de deux L, cette finale qui rimait avec loup, Milou, filou, Marilou…

J’ai grandi en Montérégie, étudié à Montréal, travaillé treize ans aux Iles-de-la-Madeleine avant de me fixer à Québec en 1994, dans le quartier Saint-Sacrement. Limoilou était en bas de la côte, un enchevêtrement de ruelles, de hangars, de rues ombragées, de galeries, de balcons, d’escaliers tournants qui me ramenaient droit au «paysage natal» de mes parents, le Plateau Mont-Royal, plus précisément à la maison de mon grand-père Lapierre, sur la rue Fabre.

« Moi je suis d’une ruelle comme on est d’un village

Entre les hangars de tôle pi les sacs à poubelles

Entre la huit pis la neuf, entre la deux pis la trois

Entre l’école pis l’église, ma p’tite enfance est là…»

                                                                       La basse-ville

 Depuis 2005, je me suis laissé prendre par les charmes discrets du quartier. J’habite le pâté de maison dans lequel a grandi Sylvain Lelièvre. La ruelle de La basse-ville, je la vois tous les jours, en couleurs ou en noir et blanc, selon les saisons. Les temps ont changé, mais l’atmosphère évoquée par Lelièvre demeure, comme un parfum insistant.


Chatouille

8 juillet 2009

Le quadrupède que vous admirez au haut de cette page, se chamaillant avec une balle de tennis, a pour nom Chatouille. 

Cette chatte, qui a célébré ses quinze ans en mai dernier, est la mascotte officielle de la famille. Signes distinctifs: un miaulement inoubliable, à la Tom Waits, secondaire à un traumatisme laryngé infligé par ma plus jeune, alors bien jeune, alors qu’elle traînait Chatouille au bout d’une laisse sur les trottoirs du quartier Saint-Sacrement. Autre attribut physique inoubliable: un ballottement de l’abdomen à la marche, souvenir des jours où cette fidèle compagne était franchement obèse. Suite à une diète sévère, Chatouille ne souffre désormais que de ce qu’on pourrait qualifier de discret embonpoint.

L’habitat naturel de Chatouille est mon lit, sur lequel elle passe environ 22 heures par jour. Les deux autres heures sont consacrées à diverses expéditions, le plus souvent motivées par des considérations digestives. L’été se pointant – discrètement – le bout du nez, elle descend deux ou trois fois par jour mon escalier pour aller jouer à Tarzan dans les fougères de ma voisine d’en-bas.

Je soupçonne cet animal d’être mythomane. Qui ne l’est pas?