Les charmes discrets de Limoilou

12 juillet 2009

«Limoilou, lis-moi, dis-moi tout tout tout» (Réjean Ducharme)

C’est le duo Charlebois-Ducharme qui m’a fait connaître Limoilou, au début des années 70. Sans y avoir jamais mis les pieds, j’ai été d’abord charmé par la douce consonance du mot, ce «moi» entouré de deux L, cette finale qui rimait avec loup, Milou, filou, Marilou…

J’ai grandi en Montérégie, étudié à Montréal, travaillé treize ans aux Iles-de-la-Madeleine avant de me fixer à Québec en 1994, dans le quartier Saint-Sacrement. Limoilou était en bas de la côte, un enchevêtrement de ruelles, de hangars, de rues ombragées, de galeries, de balcons, d’escaliers tournants qui me ramenaient droit au «paysage natal» de mes parents, le Plateau Mont-Royal, plus précisément à la maison de mon grand-père Lapierre, sur la rue Fabre.

« Moi je suis d’une ruelle comme on est d’un village

Entre les hangars de tôle pi les sacs à poubelles

Entre la huit pis la neuf, entre la deux pis la trois

Entre l’école pis l’église, ma p’tite enfance est là…»

                                                                       La basse-ville

 Depuis 2005, je me suis laissé prendre par les charmes discrets du quartier. J’habite le pâté de maison dans lequel a grandi Sylvain Lelièvre. La ruelle de La basse-ville, je la vois tous les jours, en couleurs ou en noir et blanc, selon les saisons. Les temps ont changé, mais l’atmosphère évoquée par Lelièvre demeure, comme un parfum insistant.


Chatouille

8 juillet 2009

Le quadrupède que vous admirez au haut de cette page, se chamaillant avec une balle de tennis, a pour nom Chatouille. 

Cette chatte, qui a célébré ses quinze ans en mai dernier, est la mascotte officielle de la famille. Signes distinctifs: un miaulement inoubliable, à la Tom Waits, secondaire à un traumatisme laryngé infligé par ma plus jeune, alors bien jeune, alors qu’elle traînait Chatouille au bout d’une laisse sur les trottoirs du quartier Saint-Sacrement. Autre attribut physique inoubliable: un ballottement de l’abdomen à la marche, souvenir des jours où cette fidèle compagne était franchement obèse. Suite à une diète sévère, Chatouille ne souffre désormais que de ce qu’on pourrait qualifier de discret embonpoint.

L’habitat naturel de Chatouille est mon lit, sur lequel elle passe environ 22 heures par jour. Les deux autres heures sont consacrées à diverses expéditions, le plus souvent motivées par des considérations digestives. L’été se pointant – discrètement – le bout du nez, elle descend deux ou trois fois par jour mon escalier pour aller jouer à Tarzan dans les fougères de ma voisine d’en-bas.

Je soupçonne cet animal d’être mythomane. Qui ne l’est pas?


Réédition de trois romans en format poche

4 juillet 2009

Le mois dernier, les éditions de la courte échelle ont publié une édition en format poche de mes trois premiers romans.

La lune rouge, La marche du Fou et On finit toujours par payer sont maintenant disponibles sous de nouveaux atours.


Irlandes

2 juillet 2009

Pendant que la pluie et la grisaille enserrent Québec, j’achève la lecture de Brooklyn de Colm Toibin.

Dans un style limpide, l’écrivain, deux fois nominé pour le Booker, y relate une histoire simple, une jeune fille émigrant aux États-Unis dans les années 50. Comme lieux, à part le Brooklyn d’après-guerre, il a choisi sa ville natale, Enniscorthy, dans le sud-est de l’Irlande.

Le livre et l’écrivain, que je fréquente depuis The heather blazing, méritent d’être connus. De mon côté, je me prépare à retourner, fin-août, dans ce pays qui me fascine tant. Bien que je n’aie – à ma connaissance – aucun ancêtre irlandais, je me sens curieusement chez moi chez nos voisins d’Outre-Atlantique.

Pendant ce voyage, à Dublin ou dans le Connemara, je précéderai certains de mes personnages, qui hibernent dans des manuscrits depuis plus de dix ans.

L’écriture est, comme bien d’autres choses, une longue patience.


Stephen Harper: le Grand Équarrisseur

27 juin 2009

J’ai toujours aimé Boris Vian. En lui, j’ai célébré l’homme-orchestre, écrivain, jazzman, ingénieur, critique, pataphysicien. Le 23 juin dernier marquait le cinquantième anniversaire de sa mort, survenue bien ou mal à propos lors du visionnement de l’adaptation cinématographique de J’irai cracher sur vos tombes. Ce jour-là, j’ai eu une pensée pour le Bison Ravi. Au collège, j’ai lu ses romans et mis ses poèmes en musique. J’ai parcouru sa biographie, fasciné par le foisonnement de cet esprit protéiforme. J’écoute toujours ses inclassables chansons.

Pourquoi évoquer le fantôme de Vian alors que cet article traite de l’actuel premier ministre du Canada? Une pièce intitulée L’équarrissage pour tous. Le verbe équarrir a plusieurs sens. L’un est de dégrossir, de tailler des pièces de pierre ou de bois pour les rendre carrées ou rectangulaires. Un autre est de dépecer les animaux morts dont la chair n’est pas consommable.

Par ses coupes dans les subventions aux organismes culturels, qui s’appuient sur des critères discutables, voire idéologiques, Stephen Harper cherche à nous « rendre carrés », à nier la création et la différence. La dernière réduction des budgets de Radio-Canada (800 postes, dont 50% dans le réseau français alors que les francophones comptent pour environ 25% de la population du Canada) est un acte politique.

En matière d’équarrissage, il semble que le chef conservateur, dans sa hâte d’américaniser la société canadienne, n’a pas la patience d’attendre que ses victimes soient mortes avant de les dépecer. Il découpe alors qu’elles palpitent encore.


«Le bord de la côte»

21 juin 2009

Après de longues recherches, j’ai enfin pu mettre la main sur un enregistrement de la chanson «Le bord de la côte» de Romain Leblanc. L’enregistrement lui-même est de piètre qualité, mais j’ai pu trouver les accords et  la mélodie au piano. J’ai été surpris: la musique est plus complexe que je l’imaginais. Ce Romain Leblanc est décidément un personnage étonnant.


Un nouveau roman cet automne.

13 juin 2009

Cet automne, plus précisément en septembre, paraîtra (enfin!) mon nouveau roman.

Le mort du chemin des Arsène verra mon avatar préféré, le sergent André Surprenant, aux prises avec une troisième énigme, un violoneux trouvé mort dans son salon aux Iles-de-la-Madeleine.

Autre nouvelle: j’atterris officiellement sur la toile.