Prague

Je m’éveille ce matin à Prague.

Sous une bruine tenace, la vieille ville, lovée dans un coude de la Vltava, dresse ses tours et ses clochetons contre le ciel plombé. Sur l’autre rive, l’élégant Château monte la garde sur le Mala Strana, le «petit côté», mon quartier préféré. Mis à part sa beauté évidente, qui la jette en pâture au tourisme de masse, je ne sais toujours pas pourquoi je suis tombé en amour avec cette ville. Ici rôde, bien sûr, le fantôme de Franz Kafka, que je n’ai pas relu depuis des lunes, mais qui m’avait assez marqué, adolescent, pour que je choisisse Le château, justement, comme sujet de travail dans un cours de littérature.

Ville de musique, Prague a aussi hébergé et apprécié à sa juste valeur mon chum Mozart, qui composa Don Giovanni dans une villa du quartier Smichov. La veille de la première, le directeur du Stavovske Divadlo, le théâtre des États (dans lequel furent d’ailleurs tournées des scènes du film Amadeus), s’énervait: le maestro n’avait toujours livré l’ouverture de l’opéra. Qu’importe! Wolfie la composa pendant la nuit, soutenu par le café et la conversation de sa Constance.

Ville-musée, capitale asservie depuis des siècles par les Austro-Hongrois, par l’Allemagne nazie, puis par l’ex-URSS, Prague bouillonne depuis sa libération d’une énergie contagieuse. J’y passerais bien quelques semaines, à écrire le jour dans ses cafés au charme désuet, à me perdre le soir dans ses rues brumeuses.

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