Surprenant enquête sur un tueur en série

(reproduction d’un article de Marie-France Bornais paru dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec le 7 mars 2015)

 

Dans la quatrième enquête du sergent Surprenant, nouvellement arrivé au sein de l’escouade des crimes majeurs du Service de police de la ville de Montréal (SPVM), le talentueux Jean Lemieux examine le cas d’un tueur en série qui sévit à Montréal et signe ses meurtres avec une branche d’amélanchier.

Un soir d’automne, un restaurateur de la Petite Italie est abattu lorsqu’il quitte sa pizzeria. Son cadavre a été amputé de la main droite. Est-ce l’œuvre d’un psychopathe — l’«Amputeur des ruelles» —ou un règlement de comptes lié à la mafia sicilienne?

Surprenant tente de démêler l’écheveau de cette enquête, dont les ramifications semblent s’étendre à sa propre histoire familiale. Qui était son oncle Roger? Pourquoi son père, dont la présence est signalée à Los Angeles, a-t-il disparu du Québec en octobre 1970?

Jean Lemieux, un écrivain à la plume superbe et un conteur hors pair, tient le lecteur bien accroché. «C’est un livre important parce que c’est un peu la clef de voûte des trois premiers», précise-t-il en entrevue. «C’est une série. Il y a une suite temporelle qui est précise. Toute la question de l’origine de Surprenant, de son père disparu, s’approfondissait de roman en roman. C’était le temps d’aller plus loin.»

Le sergent Surprenant revient à Montréal, où il a étudié. «Ça apporte une autre dimension: ça me permettait de le mettre dans la position d’un outsider, un gars de la Sûreté du Québec qui est transféré au SPVM, on ne sait pas trop comment.»

Jean Lemieux dit qu’il a écrit Le mauvais côté des choses relativement vite, avec beaucoup de plaisir, mais qu’il avait bien des défis à relever. «C’est une intrigue policière complexe, entremêlée avec une situation familiale complexe. Je voulais faire intervenir la famille autour pour montrer l’univers de Surprenant. C’était le pari de ce livre.»

Dans ce roman, Jean Lemieux fait une petite incursion dans l’univers de la mafia montréalaise. «C’est un univers qui m’a toujours fasciné. Ça peut faire un peu cliché, mais, dans la réalité, je suis sûr que ça existe encore. C’est pas New York en 1950, mais c’est une réalité de cette espèce de criminalité organisée, familiale, avec des codes, qui existe toujours. J’ai commencé à écrire le livre avant la commission Charbonneau, mais je me suis aperçu que j’étais dedans!»

Les retours en arrière dans les années 70 sont intéressants. «Ce que je raconte à propos des frères Rose et du ministre Laporte et de la mafia, c’est vrai. J’avais situé la disparition du père en octobre 1970; ça m’a servi.»

Il fait aussi référence à Jacques Ferron et à son livre L’amélanchier. «C’est un livre de référence en littérature québécoise. Il y a aussi toute la thématique de Ferron avec octobre 70. Les thèmes étaient liés. J’ai relu le roman et je trouvais qu’il y avait du stock. C’est là que j’ai eu l’idée du bon et du mauvais côté des choses. La thématique du livre, je l’ai utilisée. J’ai cité des passages. Surprenant lit ça, et ça crée une espèce d’ambiance symbolique.»

Avec cet écrivain qui est aussi médecin, toute la question médicale est impeccable. «Je suis même allé à l’institut médico-légal à Montréal. J’ai vu les lieux, les endroits où ils font les expertises avec les armes, les salles d’autopsie. Ça donne une idée d’une partie du travail de policier et ça donne la réalité de la mort et du cadavre au lecteur. En réalité, ces gens font des choses bien plus sophistiquées que ce que je dis. C’est une science très avancée.»

Jean Lemieux est médecin. Il a écrit de nombreux romans pour les jeunes et les adultes.

On finit toujours par payer a été porté à l’écran.

Le mort du chemin des Arsène a été récompensé du prix Arthur-Ellis et du prix du Salon international du livre de Québec.

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