Paris appartient à tout le monde

Je marchais avant-hier le long du canal Saint-Martin, dans ce dixième arrondissement qui devient à la mode. Quais de pierre usés, arrondis, eau verte qui évoque les romans de Simenon, façades étroites, multicolores, lançant vers la rue de petits commerces, des cafés d’habitués, écluses et ponts tournants…

J’évoluais dans un décor dont je reconnaissais les poncifs. Dans l’imaginaire mondial (tout au moins occidental), en littérature et au cinéma, Paris n’a que deux véritables rivales: Londres et New-York. Londres est discrète et New-York est toute jeune. Je suis un Québécois francophone et j’ai la tête farcie de fiction: je ne suis jamais moi-même sur les bords de la Seine. Je suis dans Dumas, Balzac, Verlaine, Zola, Druon, Vian, Sagan, Simenon, Beauvoir, dans Carné, Lelouch, Jeunet, sans parler de la chanson.

Les grandes capitales appartiennent à leur pays mais aussi au monde. Elles constituent une sorte d’espace mitoyen, que leurs habitants doivent partager, avec plus ou moins de grâce, avec les visiteurs. Les Parisiens ont longtemps traîné la réputation d’être désagréables. Ce ne doit pas être toujours évident de vivre sur un plateau de cinéma surpeuplé, moteur économique d’une mosaïque moderne. D’où, peut-être, cette nécessité de découper l’espace en unités vivables, cafés, commerces de proximité, arrondissements.

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