Les grilles espagnoles

Je ne suis ni historien ni anthropologue.

En arpentant les étroites rues de Tolède, de Séville, de Ronda, je me suis plusieurs fois demandé pourquoi les fenêtres des maisons espagnoles, ces belles demeures blanches aux balcons ornés de fleurs, étaient si souvent garnies de grilles.

Noires, en fer forgé, elles constituent certainement un ornement, en plus de décourager les intrus. Mais pourquoi en installer à l’étage, où un voleur ne pourrait accéder qu’à l’aide d’une échelle? Faut-il en chercher l’origine dans les guerres contre les Maures? Faut-il remonter à l’Inquisition? Plus récemment, au triste régime de Franco?

L’Espagne voit, ou a vu, le monde extérieur à travers une grille.

Quand elles ne sont pas pourvues de grilles, les fenêtres des étages sont le plus souvent ceintes, à mi-hauteur, de ces garde-fous noirs, si jolis, qu’on retrouve aussi au Portugal. Patios et jardins intérieurs, univers clos, lourdes portes de bois bardées de ferrures: tout se passe comme s’il fallait séparer de façon claire le dedans du dehors, où l’ennemi peut toujours rôder.

Les grilles pourraient aussi exercer la fonction inverse: empêcher de sortir. Dans l’ancienne société puritaine, ultra-catholique, les jeunes filles y soupiraient peut-être dans l’attente de soupirants.

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