Retour de Californie

La Californie occupe dans l’inconscient collectif une niche particulière, celle de l’Eldorado américain. D’abord sous domination espagnole, puis mexicaine, puis brièvement république indépendante, l’état a rejoint l’union en 1850. El Dorado? Certainement. La Californie a vu sa population exploser à la suite du célèbre Golden Rush de 1849, qui a principalement touché San Francisco.

Se sont rués vers l’ouest les chercheurs d’or, mais aussi les immigrants de tous horizons, attirés par le climat et les perspectives agricoles. L’ouverture du canal de Panama et le développement de l’industrie du cinéma ont ensuite fait de Los Angeles un pôle plus important que sa rivale du nord.

La Californie, 40 millions d’habitants, est aujourd’hui plus populeuse que le Canada. Plus à gauche que la moyenne des états américains, elle a gardé, notamment par le développement de la technologie de pointe à Silicon Valley, son aura progressiste. Ce rôle d’innovation s’est aussi exprimé dans les arts, notamment en musique par le développement du West Coast Jazz et surtout par la concentration de musiciens folk-pop en Californie dans les années 1960-1970.

La Californie occupe une place importante dans l’imaginaire du boomer québécois. California chantait Charlebois en 1968. La charrue passe dans le ciel et je descends lentement l’escalier rouge et blanc de l’avion qui m’emporte chaque nuit en Californie, in California.

La puissance du rêve californien exporté mondialement à cette époque a son revers. D’une certaine façon, la Californie s’est figée autour de cette mythologie d’eden idyllique. Aujourd’hui il est difficile de manger dans un café sans être inondé de golden rock des années 60 à 80. Le rêve des hippies s’est mué en une dolce vita centrée autour du culte du corps, du mieux-être ésotérique et de la célébration du vin et de la nourriture. Cette société pseudo-parfaite cache des inégalités socio-économiques saisissantes. Beaucoup de personnes, jeunes et vieilles, de toutes les races, éjectées du rêve libéral à la suite du crash de 2008, vivent dans la rue. L’économie est peut-être florissante en surface, mais elle s’appuie sur l’afflux constant de migrants illégaux qui, paradoxalement, assurent sa régénération.

Les hauts palmiers et le ciel immaculé sont toujours là. Le rêve aussi, il faut croire.

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