Les printemps meurtriers de Knowlton prise 2

29 avril 2013

C’est avec plaisir que je participerai cette année à la deuxième édition des Printemps meurtriers de Knowlton, du 17 au 19 mai.

Je participerai plus particulièrement à la rencontre L’influence des lieuxle dimanche 19 à 13 heures au Théâtre du Lac-Brome, en compagnie de Jacques Savoie et de Jacques Côté.

L’animation sera assurée par François Lévesque.

Ce festival est une occasion unique de rencontrer et de côtoyer des auteurs et des amateurs de polar. La formule est innovatrice et originale et le site, enchanteur.

 

 


«L’homme du jeudi» en nomination pour le prix du meilleur roman policier en français au Canada

20 avril 2013

L’homme du jeudi, publié aux éditions de la courte échelle en avril 2012, est en nomination pour le Prix Arthur-Ellis, catégorie «best crime writing in french», en compagnie de quatre excellents romans:

Mario Bolduc, La Nuit des albinos: Sur les traces de Max O’Brien (Libre Expression)
André Jacques, De pierres et de sang (Druide)
Martin Michaud, Je me souviens (Goélette)
Richard Ste Marie, L’inaveu (Alire)

Le dévoilement aura lieu à Toronto le 30 mai. Le prix est remis, par vote de jury, par la Crime writers of Canada.


Prague et la question du parapluie

5 février 2013

Voyage en Irlande avec un parapluie, de Louis Gauthier, m’a laissé une impression durable, si bien que je ne peux longtemps déambuler à l’étranger sous l’averse sans me replonger dans l’atmosphère de ce livre si particulier. En sandwich entre Le pont de Londres  et Voyage au Portugal avec un Allemand, il allait constituer le triptyque Voyage en Inde avec un grand détour, dont je ne parlerai pas, sinon pour dire que c’est excellent et récemment pourvu d’un appendice, Voyage au Maghreb en l’an mil quatre cent de l’Hégire, l’auteur ayant de la suite dans les idées.

Je ne suis pas à Dublin, mais à Prague, hors saison, sous la pluie. Il s’agit d’une première. J’ai bien essayé, depuis quelques années, mais l’ondée, fréquente en ce climat maussade, pour des raisons inconnues me fuyait. Aujourd’hui, le ciel était sans équivoque: gris, lourd, lâchant sur les pavés et les clochetons, selon des humeurs imprévisibles, des averses qui assombrissaient le rouge des toits. C’était plus que de la bruine, moins que des hallebardes, bien que celles-ci eussent cadré dans le décor.

Trois degrés celsius, La pluie fine, froide, faisait roucouler les gouttières et gonflait la Vltava sous le pont Charles. Muni de l’accessoire idoine, à savoir un parapluie qui fait poc! en s’ouvrant, j’étais content, d’autant plus que la ville me présentait, au milieu de la soirée, son visage des petites heures: des rues discrètement éclairées par les réverbères, où se pressent quelques fêtards attardés. Je marchais, à travers Mala Strana, dans ce décor de théâtre, quand je remarquai ce fait singulier: la presque totalité des passants circulaient ou sous des tuques, ou sous des capuchons ou encore tête nue, faisant fi de l’eau qui leur dégoulinait dans le cou.

Disposais-je d’un échantillon représentatif? Sûrement pas. Je risque cette hypothèse: après plus de quatre cent ans de joug autrichien, allemand, soviétique, après les dernières convulsions de l’économie européenne, le Pragois moyen accueille la pluie avec un mépris tranquille. Ce sont là, sans doute, les élucubrations d’un étranger. Néanmoins, je pose la question: quelle est la relation entre la République Tchèque et le parapluie?

Mon défunt professeur, Jean-Marie Poupart, écrivait: «Vivre sans amour équivaut à marcher sous la pluie sans imperméable». Qu’en est-il de ceux qui vont sans parapluie?


Ferdinand von Schirach

14 janvier 2013

Crimes, traduit chez Gallimard en 2011, est un recueil de nouvelles très particulier.

Paru en Allemagne en 2009 sous le titre Verbrechen, le livre est une collection de cas judiciaires, inspirés de l’expérience de l’auteur, un avocat criminaliste. Le tout serait sans intérêt sans le talent de von Schirach, qui réussit à pénétrer la psychologie des protagonistes. Il raconte l’histoire de ces criminels avec un style économe, ramassé, efficace, malgré tout émouvant. Au fil des pages, le lecteur découvre, en filigrane, une Allemagne moderne, multiculturelle, soumise à d’extraordinaires tensions sociales.


Le trésor de Brion maintenant en numérique

22 décembre 2012

Le trésor de Brion, aux éditions Québec-Amérique, est maintenant disponible en format numérique.

Publié en 1995, réimprimé à plusieurs occasions, révisé en 2010, le roman raconte les aventures de Guillaume Cormier, 17 ans, pêcheur de moules à Havre-Aubert, et d’Aude Brousseau, son amoureuse de Québec, lancés sur la trace d’un trésor perdu au dix-huitième siècle.


Changement de cap pour Surprenant

8 décembre 2012

De source sûre, j’apprends que le sergent André Surprenant, de la Sûreté du Québec, a quitté, à l’été 2008, son poste à la MRC de la Jacques-Cartier, en banlieue de Québec.

Après un stage de perfectionnement à Los Angeles, il a décidé de réorienter sa vie et sa carrière.

Les détails suivront.


«The hollow man» d’Oliver Harris

27 septembre 2012

Oliver Harris, dont le premier roman, The hollow man, a été traduit au Seuil sous le titre Sur le fil du rasoir, est né à Londres en 1978. Dûment diplômé en Lettres, ses intérêts, éclectiques, comprennent la psychanalyse et la mythologie grecque. D’après sa notice biographique, il aime voyager, spécialement dans les pays froids.

Son premier opus est très intéressant. D’abord on y retrouve Londres, sous des atours tout à fait contemporains. Oubliez P.D. James et Elizabeth George. Harris nous brosse un portrait d’une mégapole hallucinante, trépidante, qui relève davantage, près de deux siècles plus tard, de Dickens que de Conan Doyle. Le héros, Nick Belsey, enquêteur à la brigade criminelle de Hampstead, est l’archétype, presque la caricature, du flic déviant et pourri. Menacé de disgrâce, aux prises avec ses créanciers, ses supérieurs, il démêle, de façon maladroite et spectaculaire, une arnaque financière ancrée dans ce cloaque doré: la City.

Harris ne fait pas dans la dentelle. Le rythme du roman est soutenu, presque essoufflant, tout en ne sombrant jamais dans l’incohérence. Alcool, sexe, violence, escrocs cauteleux, nous sommes ici aux frontières de la BD, dans un univers caricatural mais captivant, décrit avec précision, élan, intelligence et passion.

Ce mouvement constant vers l’avant, cette succession de scènes fortes, dans lesquelles évoluent une galerie de losers mémorables, cette intrigue complexe, qui ne se révèle qu’à la fin, forment évidemment les ingrédients classiques du thriller amphétaminé. Cette voix nouvelle possède néanmoins son timbre propre. J’attends le deuxième, qui s’intitulera Deep shelter.


Donna Leon ou le grand art

21 août 2012

«The man lay still, as still as a piece of meat on a slab, as still as death itself. Though the room was cold, his only covering was a thin cotton sheet that left his head and neck free. From a distance, his chest rose inordinately high, as though some sort of support had been wedged under his back, running the length of it. If this white form were a snow-covered mountain ridge and the viewer a tired hiker at the end of a long day, faced with the task of crossing it, the hiker would surely choose to walk along the entire length of the man to cross at the ankles and not the chest. The ascent was too high and too steep, and who knew what difficulties there would be descending the other side?»

(…)

«He did not wait, for he was beyond waiting, just as he was beyond being late or being on time. One might be tempted to say that the man simply was. But that would be untrue, for he was no more.»

 

Je lis Beastly things, vingt-et-unième roman mettant en vedette le commissario vénitien Guido Brunetti.

Je suis un fan terminal: je les ai tous lus, les dix derniers dans le texte original. Je n’ai plus la patience d’attendre des versions dans lesquelles, par ailleurs et comme toujours, il se perd quelque chose.

Donna Leon, née au New Jersey en 1942, vit depuis trente ans à Venise. Ses romans sont inimitables. On y chercherait en vain des intrigues complexes. L’essentiel, ici, est dans tout ce qui est autour, la peinture des personnages récurrents, de la société italienne en général et vénitienne en particulier, la finesse de l’observation psychologique et enfin une intimidante maîtrise de l’écriture, notamment des dialogues.

Les enquêtes du commissaire Brunetti se présentent en petits chapitres de 4 à 10 pages, parfaits de justesse, illustrant essentiellement une rencontre entre des personnages. Brunetti, toujours présent, discute avec le pathologiste, interroge un témoin, déjeune en famille, prend un café avec son assistant Viannello, est confronté par l’inimitable Vice-Questeur Guiseppe Patta, sonde le terrain auprès de l’inoubliable Signorina Elettra, etc. Certains tableaux, notamment ceux mettant en vedette son épouse Paola, personnage mythique, ses enfants, son père le comte plus ou moins véreux, ne font en rien avancer l’intrigue, mais s’insèrent dans un feuilleton au long cours, suivis par des millions de lecteurs.

Le procédé n’est pas nouveau. Ce qui place Donna Leon au sommet de sa confrérie, c’est l’intelligence, la justesse du trait, une ironie qui possède la particularité de n’être pas cynique, et surtout ce va-et-vient constant du point de vue dans les dialogues. Donna Leon ne se contente pas d’écrire ce qui est dit. Elle décortique les pensées des personnages, soupèse ce qui aurait pu être dit, décrit avec précision les traits physiques, les attitudes des protagonistes, ponctuant ses petits tableaux de répliques fines, suaves, assassines.

Donna Leon, très discrète publiquement, refuse obstinément que ses livres soient traduits en italien. Elle aimerait pouvoir continuer à vivre dans un relatif anonymat dans sa Venise d’adoption. C’est la grâce que je lui et que je me souhaite.


Retour sur la série Surprenant

30 juillet 2012

Anne-Marie Aubin, qui enseigne au cégep de Saint-Hyacinthe et qui a jadis veillé sur la gestation de La cousine des États et du Trésor de Brion, propose cet excellent article sur ce qu’il convient peut-être maintenant d’appeler la série Surprenant.


Les printemps meurtriers de Knowlton

14 mai 2012

C’est avec grand plaisir que je participerai à la première édition des printemps meurtriers de Knowlton, du 18 au 20 mai prochain.

Je serai sur place du vendredi au dimanche. Samedi soir à 19 heures, au Théâtre Lac-Brome, je participerai à une rencontre animée par Sylvie Lauzon, en compagnie de Martin Winkler, auteur (entre autres) du roman Les invisibles. Le sujet abordé sera Polar et médecine. L’entrée est de 17$.

Ce nouveau festival du roman policier, où sera remis le Prix Tenebris, a vu le jour grâce à une remarquable équipe, animée par Johanne Seymour.


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